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Les ventes de produits laitiers frais continuent de chuter

84% des adultes disent avoir consommé des produits laitiers frais la semaine passée, selon une étude Ipsos.
© © Frédérique Voisin-Demery

Encore une année difficile pour les yaourts, fromages blancs et autres crèmes desserts, qui subissent l’érosion des fins de repas et la concurrence des fruits et des autres types de desserts.

« Les chiffres ne sont pas très bons », indiquait Jérôme Servières, le président de Syndifrais, en introduction de l’assemblée générale de l’organisation professionnelle, le 31 mars. La production française de produits laitiers frais a baissé de 2,2 % en 2016, à 3,226 millions de tonnes, crème fraîche incluse. Cette baisse régulière des volumes de fabrication depuis cinq ans préoccupe le secteur, menacé par la surcapacité industrielle de ses outils.

Les ventes en GMS se dégradent également, de l’ordre de 2,6 % en valeur et 2,1 % en volume, pour atteindre 1,8 million de tonnes de produits laitiers frais commercialisés, pour un chiffre d’affaires de 4,57 milliards d’euros. « Nous assistons à une dévalorisation de nos produits », commente Jérôme Servières, en particulier sur les marques nationales, qui subissent de plein fouet la guerre des prix. Si leurs parts de marché ont baissé de 0,8 % en volume entre 2015 et 2016, elles accusent une chute de 2,9 % de leurs parts de marché valeur.

L’ultrafrais reste toutefois le premier rayon des hypers et supermarchés en valeur, devant la charcuterie et les fromages en libre-service. La restauration hors foyer représente pour sa part 191 000 tonnes de produits laitiers frais pour 330 millions d’euros de ventes.

+22 % pour le bio

Si tous les types de produits laitiers frais sont en baisse (laits fermentés, fromages frais et crèmes-desserts), les produits dits alternatifs se portent mieux. Même s’il ne représente que 53 000 tonnes, le bio a vu ses volumes augmenter de 22 % sur un an, pour atteindre 3,1 % de parts de marché. « Les produits à base de lait de chèvre ou de brebis ont une croissance de l’ordre de 25 à 35 % par an », complète le président de Syndifrais. Loin des difficultés des marques nationales et des MDD, les autres marques continuent leur progression, à +6,3 % en volume et +10,5 % en valeur.

Un taux de pénétration qui reste élevé

Pour mieux comprendre les raisons de la déconsommation de produits laitiers frais et identifier des leviers pour rétablir la croissance de ce marché, Syndifrais et le Cniel ont commandé une étude à l’institut Ipsos, dont les résultats ont été présentés lors de l’assemblée générale. « Les produits laitiers frais restent très consommés et très appréciés par la quasi-totalité des Français. 84 % des adultes et 92 % des enfants disent en avoir dégusté dans la semaine passée », commente Fabienne Simon, directrice générale adjointe d’Ipsos Public Affairs.

L’étude remarque par ailleurs que les produits laitiers issus de l’agriculture biologique s’ancrent de plus en plus dans les habitudes de consommation, puisque près de 30 % des interrogés, adultes et enfants, disent en manger au moins une fois par semaine. « La baisse de consommation n’est pas due à une cause unique mais à un faisceau de phénomènes sociétaux convergents, comme la baisse de fréquence des fins de repas, la concurrence des fruits frais ou encore des questionnements sur la naturalité et l’apport calorique de ces produits », poursuit Fabienne Simon. Selon elle, le mouvement anti-lait semble se restreindre à quelques réseaux pour céder la place à des questions plus globales sur les filières alimentaires.

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