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Les mouvements coopératifs se sont poursuivis en 2015

Avec un chiffre d'affaires quasiment stable, les coopératives ont continué à se regrouper ou à réaliser des croissances externes cette année. Pour autant, leur tissu économique reste constitué à 90 % de petites coopératives. Panorama.

En 2015, le chiffre d'affaires des coopératives agricoles est resté quasiment stable à 85 milliards d'euros, dont 40 % réalisé grâce à leurs activités avales (une part similaire à celle de 2014). « Une dizaine de groupes réalise plus de 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires. Or, on a 92 % de TPE ou PME. Il reste un maillage coopératif important. Elles font la fierté de Coop de France », déclare Philippe Mangin, président de Coop de France, le 3 décembre dernier, lors de la présentation à la presse du périmètre coopératif 2015. « Certaines grandes structures font vivre les plus petites, notamment en créant du lien sur des débouchés à l'exportation », ajoute-t-il. Sur les onze premiers mois de 2015, Coop de France a recensé 81 opérations, dont 52 pour les seuls mouvements entre coopératives. Elles étaient au nombre de 73 sur les dix premiers mois 2014. À l'instar de l'année dernière, les mouvements dans la filière laitière ont été relative-” ment nombreux (L'Armoricaine Laitière/Even, Agrial/Eurial, Sodiaal/CLHN).

Filière laitière : le secteur privé était largement dominant

Toutes les filières ont toutefois été concernées. Citons quelques exemples d'opérations : rapprochement des filiales meuneries de Dijon Céréales et d'Axéréal ; l'acquisition de 50 % du groupe Aqualande pour Labeyrie Fine Foods ; le rapprochement entre la CAM et Terrena. « Le réseau coopératif est en mouvement. On sent une volonté de gagner la bataille de la compétitivité et de gagner des points sur la scène internationale », affirme Philippe Mangin. « Vous imaginez ce que serait la filière laitière après la fin des quotas laitiers si Sodiaal n'avait pas racheté Entremont, si Agrial n'avait pas rassemblé. Cela donne un paysage un peu plus équilibré, alors que le secteur privé était largement dominant », soutient-il.

Le vin en mouvement

Le secteur vinicole a également beaucoup évolué ces dernières années. Coop de France a recensé quelque dix-huit opérations dans ce domaine. En mai 2015, Acker-man, filiale de Terrena, reprend les vignobles Jacques Beaujeau. InVivo crée InVivo Wine en devenant actionnaire majoritaire de la maison de négoce bordelaise Cordier Mestrezat Grands crus. En juillet, Euralis cède à la CAPL sa filiale Euralis Vins, spécialisée dans le commerce de matières sèches et l'embouteillage. En août, les caves de Rasteau et Visan créent l'Union Cercle des vignerons du Rhône. Pour ne citer que ces opérations.

REPÈRES

85,1 milliards d'euros de chiffre d'affaires

Plus de 165 000 salariés

1 marque alimentaire sur 3 est coopérative >>

Dans le secteur de la volaille, l'année 2015 aura aussi été marquée par d'importantes opérations. Terrena annonce être en négociation exclusive pour reprendre Doux ; Casino rachète une usine de Gastronome (filiale de Terrena) à Luché-Pringé dans la Sarthe et LDC a signé avec Agrial le rachat de sa branche volaille. « La filière volaille est dans une restructuration forte. Le pari n'est pour autant pas gagné. Cela va provoquer une accélération des entreprises (coopératives ou non, ndlr) pour s'adapter à ces nouvelles conditions de marché. La dynamique se crée », commente Michel Prugue, vice-président de Coop de France, et pressenti pour succéder à Philippe Mangin à la tête de l'organisation professionnelle d'ici quelques jours lors du congrès.

Rentabilité fragile

ependant, les coopératives garent une rentabilité fragile. En 015, la rentabilité globale des coo-ératives a été estimée à 0,9 % résultat net/chiffre d'affaires). Elle rimpe à 3 % si les rétributions aux dhérents ne sont pas comptabi-isées (excédent brut d'exploita-tion/chiffre d'affaires). « Notre rentabilité sur résultat net est faible, car les entreprises retournent à leurs adhérents une grande partie de leur excédent brut d'exploitation », détaille Pascal Viné, délégué général de Coop de France.

Le prix de revient doit s'adapter au prix de marché, non l'inverse

” Ces chiffres viennent appuyer la nécessité d'évoquer le prix de revient. « C'est important, après l'été que nous avons eu. Le ministre n'a pas arrêté de nous expliquer comment adapter le prix de marché au prix de revient. Mais c'est l'inverse, le prix de revient doit s'adapter au prix de marché. La profession doit prendre en compte cette question du prix de revient », insiste Philippe Mangin. Les coopératives veulent désormais parler de stratégie de filières. « Il faut qu'on entre par les marchés. Nous avons des stratégies d'entreprises, il nous faut des stratégies de filières. C'est une demande extrêmement forte des entreprises », conclut Pascal Viné. Les coopératives revendiquent leur place dans le secteur agroalimentaire, qui devrait d'ailleurs avoir une place de choix dans le projet stratégique 2020 présenté le 16 décembre prochain au Congrès de Coop de France.

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