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Les déshydrateurs de luzerne jouent leur avenir

La conjoncture ne sourit pas aux coopératives de déshydratation de fourrages. Après la sécheresse de l’été dernier, les semis de luzerne ont été difficiles et donneront des rendements aléatoires, a-t-on constaté aux journées techniques de la luzerne, jeudi à Reims et vendredi à Paris. Par ailleurs, l’énergie fossile dépensée dans les usines augmente depuis un an. Enfin, les trésoreries des éleveurs de bovins (consommateurs des trois quarts de la production française) sont fragilisées.

Mais il y a plus préoccupant que la conjoncture. S’engage pour la filière la dernière campagne de production sous l’actuelle organisation commune de marché. Les usines reçoivent une aide de 66,83 euros par tonne de bouchons de luzerne. Dès 2005, elles ne toucheront plus que 33 E/t. La différence ira directement à l’agriculteur... s’il opte pour la luzerne. Si les opérateurs pensent décrocher une formule de transition pour l’année précédant la réforme de l’OCM céréalière, ils s’inquiètent des années suivantes, qui verront la valse des cultures et la diminution du cheptel bovin. « L’éleveur va chercher davantage à produire ses propres fourrages», prévoit Guillaume Forzy, éleveur normand et président du Syndicat national des déshydrateurs de France.

Un écobilan en 2008

Pour se maintenir, la filière luzerne doit bénéficier de mesures agro-environnementales (MAE). Les atouts de la luzerne sont connus : la culture protège les sols de l’érosion en hiver. Ses racines vont puiser en profondeur les nitrates et, se faisant, restructurent les sols. La pertinence écologique des usines est moins évidente. L’utilisation de biomasse comme énergie est-elle concevable ? La Commission européenne décidera en 2008 de la place de la luzerne déshydratée en Europe, en fonction des besoins en protéines végétales et du coût énergétique de la déshydratation. Elle fera en quelques sortes son écobilan.

Il y a 46 sites en France, tous coopératifs. Dans ce secteur en forte restructuration, un opérateur, Desialis (issu de la réunion commerciale récente entre Deshy France et Alfalis) vend 60 % de la luzerne déshydratée.

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