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Les abattages de chevreaux en hausse

Pâques est toujours synonyme de hausse des prix du chevreau, cette viande étant particulièrement appréciée en Poitou-Charentes à cette occasion. Cependant, cette année les disponibilités sont larges, car la conjoncture laitière n’est pas des plus florissantes.

À la fin du mois de mars, le marché du chevreau est entré en effervescence, avec l’approche de Pâques et des Rameaux. En effet, pour les ménages originaires du Sud de l’Europe et de la Région Poitou-Charentes, l’agneau laisse la place au chevreau dans les assiettes. Les cours ont commencé à remonter début mars, comme à l’accoutumée, s’éloignant de leurs plus bas niveaux annuels. Toutefois, la progression de la cotation a semblé moins dynamique que l’an dernier, ou même qu’en 2010. Une semaine avant Pâques, à 3,40 euros le kilo, la cotation nationale du chevreau vif était 1,5 % sous son niveau de l’an dernier à la même période. Depuis, les prix se réorientent doucement à la baisse, en l’absence de besoins particuliers.
En cause, des disponibilités plutôt larges. En cumul sur les deux premiers mois de l’année, les abattages de chevreaux ont atteint 133 681 têtes, d’après Agreste. Soit à peu près autant qu’en janvier et février 2011 (+0,8 %), mais presque 19 % au-dessus des niveaux de 2010.

Flambée des coûts de production

En effet, depuis l’an dernier, la conjoncture sur le marché du lait de chèvre, marqué par des disponibilités trop larges, est négative. Les coûts de production ont dépassé leur niveau record de 2008 sur la majeure partie de 2011 et restent à un niveau très élevé. Dans le même temps, les prix du lait baissent du fait de la morosité des marchés des produits industriels et de grande consommation. Les éleveurs, dont les trésoreries sont mises à mal, gardent moins leurs chevrettes et réforment davantage leurs chèvres. Sur les deux premiers mois de l’année, les abattages de caprins de réforme ont dépassé de 6,8 % leur niveau de l’an passé, et de plus de 36 % leur niveau de la même période de 2010. L’an dernier, 70 % des abattages de chevreaux ont été réalisés sur les quatre premiers mois de l’année, selon l’Institut de l’élevage. L’autre pic d’abattage a eu lieu en décembre (10 % des effectifs annuels), car Noël est l’autre période de forte consommation.

Hausse des exportations en 2011

À la fin de l’année dernière, avec 1,383 million de têtes, la France détenait le troisième cheptel européen, derrière la Grèce (36 % des caprins de l’UE à 27) et l’Espagne (20 %), et juste devant la Roumanie (10 %).
Nos principaux clients pour la viande caprine sont l’Italie, qui a capté 57 % des tonnages exportés en 2011, le Portugal (20 % des envois) puis la Suisse, l’Espagne et la Roumanie, qui reçoivent chacun 6 à 8 % de nos exportations. Le marché roumain s’est d’ailleurs fortement développé l’an dernier, ses achats ont progressé de près de 33 %, dépassant l’Espagne.
À 2 700 tonnes en 2011 selon l’Institut de l’élevage, les exportations françaises de viande ont progressé de 4 % par rapport à 2010, après un gain de 2 % par rapport à 2009. Elles représentent près des deux tiers des abattages de chevreaux.

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