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« Le sirop de glucose-fructose n'a pas bonne presse bien que les effets néfastes doivent être confirmés »



Amine El-Orche, conseiller en nutrition et réglementation chez LRBéva Nutrition.

Les Marchés Hebdo : Le fructose est-il un bon candidat pour réduire l'apport en sucre de l'alimentation ?

Amine El-Orche : Le fructose a un pouvoir sucrant plus élevé que le saccharose et il a un indice glycémique plus faible. Cela permet d'utiliser des quantités un peu moindre pour obtenir la même saveur sucrée, avec l'avantage pour le consommateur d'une hausse plus faible de la glycémie. Il est utilisé comme sucre de substitution pour diabétiques. On le trouve dans des formules à consommer avant une épreuve sportive. Éventuellement, il a des arguments pour se substituer au saccharose pour favoriser la minceur, mais il vaut peut-être mieux réduire les sucres totaux. En second lieu, les sources naturelles de fructose ajouté, comme le miel ou l'agave, apportent des oligoéléments et des antioxydants. Le fructose consommé en grande quantité sous forme de sirop de glucose-fructose n'a pas bonne presse en raison des études scientifiques publiées à ce sujet, bien que les effets néfastes doivent être confirmés.

LMH : Que disent les études scientifiques sur les problèmes de santé que peut poser le fructose ?

A. E.-O. : La consommation de fortes quantités de fructose, établies à plus de 50 g/jour, sous forme libre ou dans un sucre, présente un risque d'augmenter sa triglycéridémie, et ce particulièrement lorsque l'alimentation est hyperénergétique. Il faudrait d'autres études de bonne qualité pour pouvoir conclure aux effets spécifiques du fructose seul sur le poids, la sensibilité à l'insuline ou la pression artérielle. Son impact sur les fonctions cognitives est un nouveau champ de recherche qui nécessite en particulier des études d'intervention chez l'homme.

LMH : Quelles recommandations officielles peuvent influencer l'utilisation de fructose, de glucose et de sirops de glucose-fructose ?

A. E.-O. : L'OMS a appelé en mars 2015 à réduire l'apport en sucres ajoutés aux aliments et aux boissons, à moins de 10% de l'apport énergétique total, voire à moins de 5 %. Ces pourcentages correspondent à des apports de 50 et 25 g de sucre par jour. L'Efsa a considéré qu'il existe suffisamment d'éléments scientifiques pour établir le bien-fondé de l'allégation selon laquelle « la consommation de fructose entraîne une hausse plus faible du taux de glycémie que la consommation de saccharose ou de glucose ». Mais c'est une allégation santé qui impose de substituer au moins 30 % du saccharose ou du glucose. J'ajouterais que l'Anses va publier un avis sur les glucides qui abordera à mon avis la question du fructose.

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