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Le colza se fait plus rare

Alors que le soja touche son point le plus bas depuis la récolte aux États-Unis en raison de l'arrivée de la récolte en Amérique du Sud, le colza, qui vient de rentrer dans sa phase de montaison, touche en France son point le plus haut depuis 11 mois.

La récolte avance bien au Brésil, réalisée maintenant à plus de 60 %. Favorisés par la remontée du dollar à la mi-mars, les producteurs vendent à tout va sur des volumes quotidiens estimés sur la semaine du 15 au 20 mars à 1 million de tonnes par jour. Bémol cependant, ce qui est récolté et vendu n'est pas forcement arrivé dans les ports. Même si la grève des transporteurs a été suspendue, les négociations qui se poursuivent n'ont pas abouti, et le retour à un blocage plane toujours sur le marché. Du côté de l'Argentine, la récolte a à peine débuté, et les producteurs ne sont guère enclins à vendre ce qui leur reste de la campagne précédente, même si celle qui s'annonce devrait battre des records. Là encore, les désordres monétaires viennent fausser le jeu. Aux États-Unis, ce sont les hautes eaux sur la rivière Ohio qui viennent perturber l'acheminement des marchandises dans les ports. Si les ventes américaines conservent un niveau satisfaisant, les chargements sont bloqués et font craindre de la part des acheteurs et plus particulièrement de la Chine un switch des origines entre États-Unis et Amérique du Sud. Aux États-Unis également, le jeu des monnaies n'est guère favorable avec un dollar qui, même s'il a baissé depuis la mi-mars, reste à un niveau élevé. La graine en fonction de tous ces paramètres atteint son niveau le plus bas à Chicago depuis la récolte. Ce facteur risque d'influencer les intentions de semis des farmers américains. Les analystes observeront à la loupe les premiers chiffres que le ministère américain de l'Agriculture doit dévoiler fin mars.

Colza : baisse des surfaces en France

La courbe des prix du colza est, en tendance longue, inverse à celle du soja. Si les marchés réagissent aux mêmes fondamentaux sur la récolte Amérique du Sud par exemple, les variations monétaires liées au renforcement du dollar par rapport à l'euro exercent des effets inverses. Si on ajoute à cela une perspective avérée, puisque basée sur un recul des surfaces, d'une baisse des récoltes en Europe, on comprend mieux le phénomène. En France, les triturateurs poursuivent leurs achats alors que la marchandise commence à se raréfier. Une rumeur insistante sur le marché fait même état d'une vente d'huile de colza française à la Chine au bénéfice de parités monétaires favorables. Cela reste à vérifier, mais pour l'heure la graine atteint son niveau le plus haut depuis la récolte 2014. Pour les cotations de la récolte à venir, l'écart reste important avec un colza décoté de plus de 10 euros par rapport aux prix pratiqués pour les derniers lots de la campagne actuelle. P. V.

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