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Le CLA surgit dans le débat sur le bon et le mauvais gras

L’acide linoléique conjugué (CLA) n’a pas fini de faire parler de lui. Les spécialistes des ruminants lui découvrent des vertus que d’autres experts ne reconnaissent pas encore.

Consommés en excès, le beurre et les fromages gras feraient autant de mal au cœur que certaines margarines et viennoiseries ; c’est du moins ce que laisse entendre le rapport de l’Afssa sur les « acides gras trans» (LM du 8/04/2005). Cet avis n’est qu’un point de départ. Cette nouvelle famille d’acide gras pourrait faire couler autant d’encre que les acides gras saturés et poly-insaturés. Certains « acides gras trans» seraient bons pour la santé, en particulier les CLA (acide linoléique conjugué). Il se pourrait bien que les CLA soient aux « acides gras trans» ce que les Oméga 3 sont aux acides gras poly-insaturés.

A l’Inra de Theix (Puy-de-Dôme), l’unité de recherche sur les herbivores est sur la piste de la découverte des vertus cardiovasculaires et anticancéreuses Une thèse sur les cellules tumorales in vitro, cofinancée par l’Inra et Interbev en partenariat avec l’Adiv (association de l’industrie des viandes), sera soutenue à l’automne. Une première communication a eu lieu dans Vigie-Viande au 2e semestre 2004; d’autres sont prévues dès cet été. des CLA, en particuliers ceux que produisent les ruminants. Il existe en effet différentes formes ou « isomères» de CLA. Dominique Bauchart, directeur de cette unité de recherches, pense que ces effets se produisent à dose normale, c’est-à-dire à raison de quelque 10 milligrammes apportés chaque jour par les produits laitiers et la viande. Rien à voir avec les 3 à 4 grammes de CLA de synthèse qui peuvent être engloutis à des fins d’amincissement.

Les vaches s’en portent mieux

Le rapport de l’Afssa s’attaque aussi à l’alimentation animale en déconseillant d’enrichir les rations en CLA. La firme Service BASF Nutrition Animale a justement conçu un concept nutritionnel associant deux isomères de CLA pour stimuler la fertilité des laitières. L’explication est celle-ci : produisant moins de matières grasses grâce aux CLA, les vaches économisent leurs réserves corporelles pendant la lactation et reviennent ensuite plus rapidement en chaleur. Aux Pays-Bas, ce concept est déjà commercialisé pour diminuer la matière grasse du lait dans le cadre de la maîtrise des quotas laitiers. L’avis de l’agence déroute d’autant plus les ingénieurs de BASF NA que cette diminution touche surtout les acides gras saturés du lait, réputés néfastes à la santé cardio-vasculaire. « Nous travaillons à très faible dose, argumente Michel Magnin, directeur du marketing et des innovations. S’il y a enrichissement du lait en CLA, il tient largement dans la plage de variation naturelle due au pâturage». Affaire à suivre.

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