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Le Cirad demande plus de moyens pour cerner l’influenza

Auditionnés hier à l'Assemblée nationale sur les mesures préventives de la grippe aviaire, les représentants de la recherche vétérinaire ont désigné certaines régions du monde comme terrain de lutte prioritaires.

Pourquoi les prélèvements effectués ces quinze derniers jours sur 800 oiseaux sauvages capturés en Afrique ne révéleront qu'à la fin février si le virus asiatique H5N1 circule déjà sur ce continent ? Parce que le laboratoire de référence de Venise est débordé de prélèvements effectués à travers le monde aux fins de détection de la grippe aviaire, ont expliqué hier les responsables du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) lors de leur audition à l'Assemblée nationale devant la Mission d'information sur la grippe aviaire. Ce laboratoire international, l'un des 4 de référence, n'est pas le seul débordé ; celui de l'Afssa à Ploufragan, de niveau national celui-là, croule aussi sous les tests de détection de l'influenza, ont rapporté Emmanuel Camus, directeur du département d'élevage et de médecine vétérinaire du Cirad et son adjoint Renaud Lancelot. L'épizootie surcharge aussi de 20 à 30 % l'emploi du temps de la douzaine d'agronomes mobilisés par ailleurs depuis cinq ans sur les « maladies émergentes » du Sud qui menacent l'hémisphère Nord. Les responsables ont profité de leur audition devant les députés pour réitérer l'appel à l'aide déjà adressé à la direction générale du Cirad et au ministère des Affaires étrangères.

Les spécialistes français de la médecine vétérinaire tropicale participent en effet une l'«opération coup-de-poing » lancée le mois dernier contre l'influenza aviaire, une traque tous terrains du virus dans les zones d'hivernage d'Afrique, du Moyen-Orient et d'Europe de l'Est jusqu'au Caucase. Sur les 13 sites ciblés, 6 sont sous la maîtrise d'œuvre du Cirad et 7 sous celle de Wetland International, ONG travaillant sur l'avifaune sauvage.

Questionnés sur le risque de voir l'influenza aviaire survoler l'Europe au printemps prochain, les responsables ne pourront se prononcer qu'à partir des prélèvements récemment effectués dans la boucle du Niger au Mali et en Éthiopie, et de ceux qui vont l'être ce mois-ci autour du Lac Tchad et au Maroc. A leurs connaissances, il n'y a pas eu de mortalité particulière d'oiseaux dans les régions explorées.

« La France peut jouer un rôle pilote »

Aux yeux d'Emmanuel Camus, l'influenza est une maladie du Sud dont les petits élevages sont les principales victimes. « C'est une maladie complexe dont on connaît peu de chose », tout reste à faire sur le plan épidémiologique, a-t-il exposé aux députés. Des études programmées jusqu'en mars vont mettre en lumière des circuits migratoires jusqu'alors méconnus à l'intérieur du continent africain. La recherche de solutions pour les systèmes d'élevages les plus exposés va envoyer les chercheurs du Cirad au Vietnam, au Cambodge ainsi qu'à Madagascar où les écosystèmes sont proches.

« Les besoins sont énormes, en termes de formation, de mise en place des réseaux de recherche», a plaidé Emmanuel Camus, selon qui « l a France peut jouer un rôle pilote» puisque plusieurs vétérinaires français sont à des postes clés d'organismes internationaux, comme Bernard Vallat qui dirige l'OIE (office international des épizooties).

Renaud Lancelot a pour sa part édifié ses auditeurs en leur faisant part des lourdes présomptions selon lesquelles le virus aurait circulé de longues années en Chine avant d'être mis au jour. Il a aussi glissé que la population de canards a pu doubler en Asie du Sud-Est ces dernières années, à l'image de ce qui s'est passé au Vietnam, sans doute en raison du revenu procuré par cet élevage.

Quant à l'élevage en France, nul n'est besoin pour l'heure d'enfermement ni de vaccination, a réaffirmé la directrice de l'Afssa, Pascale Briand. Auditionnée par la suite, cette dernière a annoncé le recrutement de 5 personnes, qui vont rejoindre les 15 travaillant actuellement en France sur l'influenza aviaire.

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