Le chevreau a manqué pour l'export
Le chevreau a été très demandé cette année pour les fêtes en Italie, en Espagne, ainsi qu'en Suisse et au Portugal. Les principaux abatteurs français auraient pu en expédier davantage dans ces pays si l'offre avait été conséquente. Or, la fin 2005 a été plutôt chiche. Il y avait à la fois moins de chevreaux et des chevreaux plus lourds que d'ordinaire, témoigne le responsable, Claude Bouveteau, chez Doux Frais dans la Vienne.
Les carcasses lourdes sont pénalisées sur les marchés italien et espagnol où le chevreau de fin d'année se conçoit entier ou en demie carcasse. Leur prix fait reculer les consommateurs italiens et espagnols qui se rabattent alors sur l'agneau de lait. C'est, selon Claude Bouveteau, ce qui explique la stabilité des prix par rapport à décembre 2004.
La fin d'année est la saison chère pour le chevreau. A cause de ses prix, tirés par la demande du sud de l'Europe, cette viande a peu de chance d'arriver sur une table de réveillon en France. A la mi-décembre sur le marché de Rungis, la carcasse entière se vendait entre 10 et 12 euros le kilo, ce qui plaçait le chevreau au niveau du chevreuil.
La taille de carcasse demandée varie d'un marché à l'autre. Pour l'Italie, c'est entre 5 et 7 kilos, pour l'Espagne entre 4 et 6, et pour la Suisse, l'Allemagne et la France entre 7 et 9 kilos. Le dynamisme du marché espagnol a poussé Palmid'Or, l'opérateur de Saône-et-Loire, à travailler des petits formats en plus des carcasses de 5 à 9 kilos destinés aux marchés italiens et français.
Le gros arrive
Le gros de la production française va arriver dans les prochaines semaines. Pour Palmid'Or, l'opérateur de Saône-et-Loire, ce sera entre fin janvier et début février. Pour les deux opérateurs de Poitou-Charentes que sont Doux Frais et Loeul et Piriot, ce sera en mars-avril. Pâques, période traditionnelle de consommation, tombant le 16 avril, les chevreaux abattus avant cette date seront congelés. Dans la Vienne, Eurocap fait face à une saisonnalité de plus en plus marquée des mises bas. En l'absence d'incitation des laiteries, les éleveurs préfèrent se conformer au cycle naturel des chèvres. En Saône-et-Loire comme dans l’Est du pays, une forte proportion de fabrication fromagère à la ferme offre davantage de possibilité d'étalement. Il n'empêche que la région doit faire venir et engraisser des chevreaux de l'Ouest pour répondre au potentiel du marché. Même si la fabrication nationale de fromage de chèvre poursuit sa croissance, le cheptel est stable. Et avec elle, le nombre de chevreaux destinés à la consommation.