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Le boeuf écossais n’entend pas être bradé

Les industriels savent qu’ils disposent d’un produit recherché et veulent préserver sa qualité et son image.

« Ces résultats intermédiaires ont surpassé nos espérances». Donald Biggar, le –nouveau- président de l’Office des viandes écossaises (QMS), affichait un large sourire, fin juin, lors du Royal Highland Show, le traditionnel rendez-vous écossais de l’élevage. La levée des restrictions à l’exportation fin mai sur les viandes bovines britanniques s’est traduite par la reprise du courant d’exportation de bœuf écossais vers l’Europe.

400 tonnes ont été expédiées en six semaines, a annoncé QMS, en majorité vers les Pays-Bas, l’Italie et la Belgique, pour un chiffre d’affaires de 1,4 million d’euros de chiffre d’affaires. 50% de ces tonnages ont concerné le haut du panier, le boeuf d’Ecosse IGP, qui concerne uniquement les génisses, bœufs de moins de 30 mois, jeunes bovins de moins de 16 mois. « Pour l’instant, le circuit intéressé est surtout celui des grossistes et de la restauration. Dès avant la levée de l’embargo, nous avions énormément de demandes de gens pour un produit très spécifique qui avait disparu depuis plus de 10 ans », précise Laurent Vernet, le responsable marketing de QMS.

Le retour de la viande d’Ecosse dans la grande distribution européenne devrait être effectif à la rentrée prochaine. D’abord aux Pays-Bas, en Belgique et en Italie puis probablement en France. Des négociations seraient avancées avec au moins deux grands distributeurs nationaux. Les exportateurs écossais n’entendent pas pour autant brader leur produit, même aux amis français, depuis qu’il est à nouveau disponible à l’export. « Le bœuf écossais est un produit relativement cher mais qui a réussi à trouver sa clientèle pendant la crise, notamment sur le marché anglais. Notre philosophie, c’est de commercialiser notre produit aux marchés les plus rémunérateurs », reconnaît Donald Biggar. Quitte à «importer»du voisin anglais pour le marché intérieur des commodités. La consommation britannique est en effet toujours dynamique (elle est à son plus haut niveau depuis 1990), tandis que le cheptel écossais, lui, est plutôt annoncé à la baisse (-2% en 2005).

Les exportateurs du Chardon reconnaissent que la demande française porte surtout sur de la vache, qui ne bénéficie pas de l’IGP Bœuf d’Ecosse et de la promotion qui l’accompagne. Une réflexion est engagée sur place sur la possibilité d’intégrer cette production (dont le marché français est friand) dans l’IGP, voire de créer une marque indépendante. « C’est un sujet important dont nous devons débattre, répond diplomatiquement Donald Biggar. Pour nous, il est nécessaire que l’on puisse distinguer la viande de vache d’Ecosse». Pour les Ecossais, le retour du bœuf dans les assiettes européennes recouvre un autre enjeu : celui du développement des exportations d’agneaux écossaises. Nombre d’importateurs se sont en effet montrés intéressés par des expéditions groupées.

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