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Consommation
Le bio à la croisée des chemins

Si les produits biologiques s’inscrivent de plus en plus dans le quotidien des Français, leur niveau de confiance s’étiole sur un an. Décryptage.

Présentation des résultats annuels de l'Agence bio, en févier 2020. © Patrick Lazic
Présentation des résultats annuels de l'Agence bio, en févier 2020.
© Patrick Lazic

La consommation de produits alimentaires biologiques s’est stabilisée depuis deux ans, mais s’inscrit de plus en plus dans le quotidien des Français, a révélé l’Agence bio, lors de la présentation des résultats annuels de son baromètre. L’enquête, menée auprès de 2 000 personnes, montre que 47 % des Français consomment chaque semaine des produits biologiques alors qu’ils n’étaient que 37 % en 2015. La part des nouveaux consommateurs (moins d’un an) poursuit, quant à elle, sa progression entamée il y a deux ans avec 16 % des interrogés (17 % en 2018 et 9 % en 2017).

Portée par les moins de 35 ans, toutes les tranches d’âges se sentent concernées par la consommation de produits biologiques. Cependant, chaque génération affiche ses propres motivations : si les plus jeunes sont sensibles aux enjeux environnementaux et de bien-être animal, les plus de 50 ans sont plus attachés à la qualité, la saisonnalité des produits et le revenu des producteurs. « Au global, le critère de goût et de qualité des produits a dépassé le critère environnemental. Il est devenu la deuxième motivation des Français pour la consommation de produits bios », commente Florent Guhl, directeur de l’Agence bio.

Les habitudes de consommation et les attentes évoluent

L’enquête révèle que 58 % des Français ont changé leurs habitudes alimentaires au cours des trois dernières années. Les personnes sont de plus en plus attentives à l’écosystème de valeurs des produits bios (local, éthique, responsable…). Les consommateurs s’impliquent aussi pour limiter le gaspillage alimentaire (59 %), acheter davantage de produits frais (58 %) et de saison (56 %), et privilégient les produits locaux et les circuits courts (54 %). Par exemple, la présence d’emballages plastique autour de produits biologiques gêne 50 % des consommateurs.

58 % des Français ont changé leurs habitudes alimentaires

Par ailleurs, si les GMS restent le circuit d’achat le plus fréquemment cité, il enregistre cette année une baisse sensible avec 77 % des achats, contre 81 % en 2018. Les consommateurs du bio semblent de plus en plus intéressés par des points de vente à taille humaine, proches de chez eux et privilégiant une relation directe avec les producteurs (cf graphique). L’image des produits bios de MDD s’est elle aussi dégradée et est passée d’une note de 5,9 à 5,7 sur 10 entre 2018 et 2019. Seuls les 18-24 ans, plus sensibles au critère du prix, leur donnent une note de 6,1.

Informer pour entretenir la confiance

L’indice de confiance relatif à l’information fournie sur les produits biologiques se dégrade et 66 % des consommateurs doutent du caractère bio des produits contre 62 % en 2018. « Nous estimons que cela est dû aux pratiques de greenwashing et à la multiplication des labels qui peut entraîner une certaine confusion », explique Florent Guhl.

L’indice de confiance s’est encore dégradé

« Nous devons construire un marché du bio solide », expose Philippe Henry, président de l’Agence bio. En ce sens, l’Agence bio a organisé le 22 janvier un groupe de travail sur la distribution des produits biologiques pour « bâtir un système assurant plus de transparence sur la construction des prix et la répartition de la valeur tout au long de la chaîne, notamment avec la grande distribution qui représente 50 % du marché en valeur », conclut-il.

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