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L’agroalimentaire irlandais promeut son modèle à l’international

À la fin septembre, le Bord Bia a organisé à Dublin sa première convention internationale sur le développement durable qui a réuni des centaines de participants. Il attend de sa démarche Origin Green une croissance à l’export.

Plus de cent représentants des marchés agroalimentaires d’Asie, des États-Unis ou d’ailleurs ont passé une semaine intense en République d’Irlande à la fin septembre. Invités par le Bord Bia, office irlandais de promotion des produits alimentaires, ou leurs partenaires irlandais, ils ont visité des fermes de production laitière ou de viande ovine, des pêcheries, des abattoirs, etc., et discuté affaires.
Puis plusieurs centaines de Chinois, d’Européens de l’Ouest, mais aussi d’Indonésiens, Sud-Coréens, Nigérians ou de Russes ont assisté au palais des congrès de Dublin à une convention organisée sur le développement durable en agroalimentaire, dont l’Irlande attend d’importantes retombées économiques. « L’île d’émeraude », comme on l’appelle poétiquement en fait depuis l’an dernier son argument auprès des acheteurs professionnels sous le logo Origin Green. Le programme « Food Harvest 2020 » initié par le gouvernement irlandais en 2012 promet l’Irlande agricole et alimentaire à un « fort développement », a rappelé le président du Bord Bia, Michael Carey avant les interventions des représentants de la Banque mondiale, du WWF, de Nestlé, Mars, Tesco, PepsiCo et Kerry Group. Le ministre de l’Agriculture, Simon Coveney s’est réjoui de la fin prochaine des quotas laitiers et sucriers, ces « carcans qui bloquent les évolutions nécessaires ».

50 % de lait en plus d’ici à 2020
Pour répondre à la croissance de la population mondiale, le gouvernement irlandais vise 50 % d’augmentation de la production laitière de la République d’ici à 2020. L’Irlande progresse déjà sur des marchés émergents. Simon Coveney a mentionné les 40 millions de tonnes de cheddar irlandais vendu en Afrique du Nord, procurant à son pays 10 millions d’euros de recettes, contre 8 millions quand il a été nommé ministre (en 2011). Il a aussi déploré les rejets en mer des pêcheurs européens par crainte des dépassements de quotas. Une gestion plus fine des ressources maritimes est pour lui synonyme de croissance. Le développement des exportations de produits de la mer fait partie des ambitions irlandaises. Depuis quelques années, le poisson communément appelé poisson sanglier (en raison de son mufle) fait l’objet de recherche et développement. Tout petit et plein d’arrêtes, mais abondant, il fera l’affaire d’industriels lointains. Le commerce de produits de la mer avec la Chine a été multiplié par 2,5 entre 2011 et 2012, selon le Bord Bia. L’Irlande exporte pour 9 milliards d’euros de denrées liquides et solides et vise 12 milliards en 2020.

280 industriels engagés dans Origin Green
Origin Green, sur lequel reposent ces ambitions, est un programme de développement durable dans lequel sont engagées 35 000 fermes et plus de 280 industries agroalimentaires. Il concerne les deux tiers des exportations, et devrait s’étendre aux trois quarts en 2015 et à la totalité à terme. Le ministre de l’Agriculture et de la Pêche s’est félicité d’avoir fait voter cet été, sous son mandat de président du Conseil européen, une politique agricole rendant compatibles la productivité, la création d’emplois et la sauvegarde de l’environnement. « Comment être durable si l’on produit moins avec les mêmes ressources ? », a-t-il lancé.

L’Irlande veut, grâce à son label vert, fidéliser les puissantes entreprises dont les porte-paroles sont montés en tribune. Deux des quatre fermes modèles de McDonald’s sont en Irlande, a signalé le chef du développement durable de l’enseigne, dont le Bord Bia est partenaire. L’Irlande, où l’enseigne achète près de 40 000 tonnes de viande bovine, est « le premier de la classe », a-t-il assuré. Kerry Group, géant irlandais des ingrédients, va développer ses contrats laitiers d’ici à 2025 afin d’obtenir une production moins saisonnière et d’augmenter de 20 % sa matière première en mettant l’accent sur les qualités nutritives du lait. « Je suis convaincu de l’impact positif d’Origin Green sur nos activités », a témoigné son directeur général Stan McCarthy. Pour sa part, le dirigeant de Cuisine Royale (Irlande), qui vend du pain sans gluten, juge Origin Green « intéressant vis-à-vis des distributeurs, essentiellement aux États-Unis ». Parmi les invités se comptaient plusieurs importateurs chinois d’ingrédients laitiers, Beijing Milway, Beijing Sanyuan Foods, Harbin Ruduobao, Henan Sunjock Dairy, ainsi Wahaha… Et des importateurs de produits de la mer comme Marine Shanghaï qui importe des crabes et poissons d’Irlande. Sa dirigeante Paloma Ye Liu estime que ce sont des produits à la fois plus sûrs et plus rassurants pour la classe moyenne de Shanghaï. À noter que dix futurs ambassadeurs d’Origin Green, venant d’entrer en formation pour deux ans à Dublin, seront placés après Noël dans des grandes entreprises internationales.

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