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La volaille française trébuche outre-Rhin

La Thaïlande et le Brésil ne sont pas les seuls responsables du recul de la France en Allemagne.

Une étude de l'Itavi publiée le mois dernier dans les cahiers de l'Ofival  45 pages, 25 euros.  met en relief quelques faiblesses françaises sur le marché allemand des viandes de volailles. L'une d'elles serait le retard des industriels français en matière de certification nationale QS. Les Néerlandais, eux, sont à la page. D'autres faiblesses, souvent citées par les distributeurs, sont le manque de flexibilité ainsi que des délais de livraison pas toujours respectés. « Le développement actuel du marché allemand vers des produits frais de volaille accentue la nécessité d'une logistique performante», lit-on dans le résumé de l'étude. Enfin les gammes larges des Français, plutôt tirées vers le haut de gamme, ainsi que des prix trop élevés ont des difficultés à se frayer un chemin dans le hard discount d'outre-rhin. Ce n'est pas tout. Les distributeurs allemands reprochent à l'industrie française son manque d'agressivité commerciale, au point de s'interroger sur sa motivation.

Les expéditions de viandes françaises se heurtent non seulement aux importations des pays tiers mais aussi à l'industrie avicole allemande, que l'Itavi juge dynamique. En 2003 (l'étude ayant été réalisée au printemps 2004), la production allemande avait progressé de 40 % sur 5 ans à 1,06 million de tonnes. Le pays avait aussi développé ses exportations à 300 000 tec (tonnes équivalent carcasse). Cette filière très intégrée, dominée par quelques groupes, fait que l'Allemagne a nettement amélioré ses performances techniques en production de poulet.

L'Allemagne demeure le premier débouché pour l'industrie française, avec 80 000 tonnes de viandes et préparations de volailles expédiées en 2003 pour 222 millions d'euros. Mais ce débouché continue de se rétracter pour la France alors que la consommation par habitant augmente.

L’export vers l’Allemagne a chuté de 13% en 2004

Cela s'est confirmé lors du dernier conseil spécialisé Volailles de chair le jeudi 17 mars à l'Ofival. Le volume expédié sur cette destination a reculé de 13 % en 2004.

Pourtant, l'Allemagne a considérablement réduit ses importations des pays tiers l'an dernier. Avec la fermeture de l'UE aux viandes saumurées et congelées et l'embargo sanitaire sur les viandes crues de Thaïlande pour cause de grippe aviaire, les importations allemandes ont chuté de 30 % à 202 000 tec par rapport au niveau élevé de 2003. Fort recul partiellement imputable aux stocks que les industriels allemands auraient constitué en 2003 « afin d'appliquer le plus tard possible le reclassement des viandes saumurées en viandes congelées ».

Que cela soit regretté ou non, le marché allemand perd en importance pour la France devant la croissance d'autres marchés européens. Alors que les expéditions vers l'Union à Quinze ont reculé de 35 000 tec en 2004, notamment vers l'Allemagne et le Royaume-Uni, les ventes vers l'Italie ont augmenté de 11 000 tec et de 10 000 tec vers les nouveaux États membres.

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