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Production
La Région Bretagne veut se muscler en microalgues

La Bretagne a-t-elle la capacité de développer une filière structurée de production de microalgues, et notamment de la spiruline ? La Région Bretagne en est persuadée. Elle organisait un colloque sur le sujet, le 17 avril, dans les Côtes-d’Armor.

La filière bretonne des microalgues repose sur une dizaine de petits producteurs.
© DR

La Bretagne part de loin mais est consciente de son potentiel. Dans l’étude de la Région Bretagne sur « l’opportunité du développement économique de la filière des microalgues » présentée à Ploufragan (22), elle produit déjà 25 des 60 tonnes de microalgues cultivées en France avec des débouchés dans l’alimentation (35 %), la pharmacologie, les cosmétiques et la santé (35 %), la nutrition animale (20 %), l’énergie et l’environnement (10 %). Et ce, avec une valeur ajoutée très variable selon les secteurs : élevée en santé, plus faible dans les autres secteurs. Mais la Bretagne affiche de grandes ambitions.

Un marché mondial de 254 millions d’euros

Ce qui la fait rêver ? Les parts de marché des pays leaders de la production mondiale (10 000 tonnes pour 254 millions d’euros de valeur à la production) : les États-Unis (25 %), la Chine (24 %) et l’Union européenne (20 %). Pour l’instant, la filière des microalgues – la spiruline pour la moitié d’entre elles, l’algue verte ou rouge, diatomées, etc. pour les autres –, repose sur une dizaine de petits producteurs en Bretagne. Ils travaillent principalement en bassin ouvert ou fermé. Le plus gros d’entre eux, la SCEA TAM a pour cœur de métier… la tomate sous serre. C’est dans d’anciennes serres qu’il a installé des bassins sur 2 hectares dans lesquels il produit 20 tonnes de spirulines par an, soit le tiers de la production française.

Un investissement de 15 000 à 20 000 euros peut suffire

« Un investissement de 15 000 à 20 000 euros peut suffire à démarrer une production de spirulines de bonne qualité en bassin, en s’équipant d’un filtre et d’une presse », explique la Région Bretagne. S’ils sont peu onéreux, les bassins sont également peu productifs, de l’ordre de 1 gramme de matière sèche par litre. D’autres systèmes de production existent, mais le niveau d’investissement et de technicité est proportionnel à leur rendement : 5 grammes de matière sèche par litre pour les photobioréacteurs, 100 à 250 grammes selon le type de fermenteur. Il en va de même pour le coût de production de 1 kilogramme de matière sèche, de 4 à 57 euros. « À ce jour, il n’y a eu aucun investissement dans des fermenteurs », précise la Région Bretagne.

L’activité peut être rentable : le kilogramme de microalgues se vend 1 euro dans l’énergie, 10 euros dans la nutrition animale, 100 euros dans l’alimentation et jusqu’à 7 000 euros en cosmétique, toujours selon l’étude. Les atouts de la Bretagne sur le marché des microalgues ? Son savoir-faire scientifique en matière d’algues (avec le Centre d’étude et de valorisation des algues et les centres techniques dédiés) et ses acteurs de poids dans la transformation que sont : Daniel Jouvance en cosmétique ; Hénaff et Guyader Gastronomie en alimentation ; Le Gouessant et Olmix en nutrition animale. Reste à faire émerger en plus grand nombre de solides producteurs. Pour eux, la Région Bretagne propose notamment de renforcer l’offre de formation scientifique et technique et de les accompagner dans l’établissement d’un standard de qualité des microalgues bretonnes.

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