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« La GMS pourrait devenir la première destination des tickets-restaurants »

L’usage des titres-restaurant continue de créer le débat chez les différents acteurs concernés. La Commission nationale des titres-restaurant plaide pour un usage plus axé sur l’économie locale.

Romain Vidal
Romain Vidal, chargé du dossier des titres-restaurant pour le syndicat GHR au sein de la Commission nationale des titres-restaurant (CNTR)
© CNTR

L’utilisation des titres-restaurant en GMS connait une croissance folle. Au deuxième trimestre 2023, 31 % des titres-restaurants étaient utilisés en GMS, contre 40 % en restauration. « La part d’utilisation en GMS a progressé de 8 % en un an et demi. La GMS pourrait devenir la première destination des tickets-restaurants », souffle Romain Vidal, chargé du dossier des titres-restaurant pour le syndicat GHR au sein de la Commission nationale des titres-restaurant (CNTR) lors d’une conférence de presse lundi 25 novembre à Paris.

« La part d’utilisation en GMS a progressé de 8 % en un an et demi. »

Les restaurateurs inquiets de l'évolution de l'usage du ticket restaurant 

 « Des représentants des restaurateurs mais également la grande majorité des membres de la CNTR ont exprimé leurs craintes concernant une déviation accrue de l’usage des titres vers des achats en grande distribution, au détriment des commerce de proximité et de la restauration rapide », explique Romain Vidal qui énumère pourquoi, selon la CNTR, les titres-restaurants ne doivent pas être l’apanage de la GMS.

Lire aussi : Le ticket restaurant n’est pas un chèque alimentation, réfutent les professionnels de la restauration

Les titres-restaurants, bénéfiques à l’économie locale

En 2023, 14 milliards d’euros ont été déboursés au profit du secteur de la restauration et des commerces alimentaires dont 8,6 milliards dans la restauration rapide et traditionnelle et 2,9 milliards dans les grandes et moyennes surfaces alimentaires. « Ces chiffres confirment que le titre-restaurant n’est pas seulement un avantage pour les salariés, mais un véritable moteur pour l’économie locale et le commerce de proximité », insiste Romain Vidal. D’autre part, une étude réalisée par C-Way pour le CNTR soutient que les titres-restaurants permettent induisent 99 000 emplois directs dont 76 000 dans le secteur de la restauration.

Les titres-restaurants, un bénéfice économique pour l’État français

L’État est aussi cité par le CNTR comme le grand gagnant de l’utilisation des titres restaurants en restauration et dans le commerce de proximité avec des bénéfices budgétaires de 845 millions d’euros. Un changement d’utilisation des tickets-restaurants conduirait « à une forte destruction d’emplois et un manque à gagner massif », déplore Romain Vidal. Les pertes sont estimées à 3,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 40 000 emplois, dont 32 000 dans le secteur de la restauration. 

« Chaque euro de titre-restaurant dépensé dans le secteur de la restauration génère 0,53 € de recettes sociales et fiscales »

De son côté, l’État français se passerait de plusieurs millions d’euros de recettes sociales et fiscales, toujours d’après le CNTR. « Chaque euro de titre-restaurant dépensé dans le secteur de la restauration génère 0,53 € de recettes sociales et fiscales pour les comptes publics, soit plus de 2 milliards d’euros au total ». A l’inverse, « chaque euro dépensé en titre-restaurant dans la distribution alimentaire génère 0,10 € pour l’Etat, soit 300 millions d’euros au total », tranche Romain Vidal.

Comment faire évoluer le ticket-restaurant ?

« Trop de déplacement vers le titre-caddie pourrait fragiliser l’économie », alerte Romain Vidal. En ce sens, le CNTR fait quelques propositions comme « le maintien de la raison d’être du titre-restaurant en distinguant les plafonds d’utilisation selon les usages (restauration sur place, repas à emporter, achats de produits non immédiatement consommables » ou encore « encourager une flexibilité accrue pour accompagner les besoins spécifiques des télétravailleurs, tout en soutenant les commerces locaux et les restaurateurs », présente Jean-Michel Rousseau, vice-président de la CNTR. En ce qui concerne la loi, ce dernier regrette « Il n’y a pour le moment pas de concertation avec le nouveau gouvernement ».

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