Aller au contenu principal

La gestion des allergènes en vase clos

Pour Gareth Davies, gestionnaire des sujets liés à la santé chez Carnival UK, la gestion de la santé de l’ensemble des passagers des croisières passe par une bonne application du cadre réglementaire (1069/2011). Il s’exprimait devant l’Alliance internationale de l’allergie alimentaire, qui se réunissait fin octobre à Londres, la veille de l’ouverture du congrès des allergies alimentaires organisées par l’Académie européenne d’allergie et d’immunologie clinique (EAACI).

L’univers des croisières est très particulier, en cela que les voyageurs restent un temps souvent assez long en vase clos dans un moyen de transport, le bateau, loin des installations fixes hospitalières. Une croisière typique de 14 nuits va assurer les repas pour 1 150 à 5 722 passagers et membres d’équipage chaque jour. Ces aliments sont mis à leur disposition dans différents lieux : restaurants, bistrots, service en chambre, buffets avec barbecue ou non… « Nous avons incontestablement des allergènes à bord quand nous mettons en œuvre, chaque jour en moyenne, 92 litres de lait, 3 593 œufs, 60 kg de crustacés, 262 kg de poissons et 6 kg de noix », confirme Gareth Davies. Les besoins des passagers allergiques sont traités par le service dédié aux besoins diététiques spécifiques.

Information disponible en temps réel à bord

« Le passager doit déclarer précisément ses besoins lors de la réservation. 30 jours puis 7 jours avant le début de la croisière, ses besoins sont remontés au service des achats pour que tout besoin particulier soit bien couvert. Le manager de la restauration et le chef cuisinier à bord sont informés. Ce dernier transmet l’information au cuisinier dédié aux besoins diététiques particuliers. Ces mets sont acheminés vers la section diététique du restaurant ou du self afin que le passager puisse les trouver aisément », indique le gestionnaire. La base de données générale des menus est alimentée, d’une part, par le service achat qui implémente les fournisseurs agréés et, d’autre part, par l’équipe de restauration qui valide les ingrédients réellement mis en œuvre.

Chaque restaurant a un chef "diététique"

L’information est donc disponible en temps réel à bord. « Nous demandons à ce que, dès leur premier passage en restauration, les passagers allergiques s’identifient auprès des équipes. Les menus sont édités 24 heures sur 24 pour qu’ils puissent faire leur choix. Chaque restaurant a un chef “diététique” qui dispose en cuisine d’un espace dédié pour leur préparation. Nous garantissons la préparation des aliments dans des espaces minimisant les risques de contamination croisée, mais nous ne garantissons pas un environnement “allergene free”. Il est possible de précommander des éléments pour le buffet au stand diététique. Notre plus gros challenge reste l’approvisionnement dans les pays qui ne disposent pas des mêmes règles que l’Union européenne ainsi que les barrières des langues », conclut Gareth Davies.

L’information sur les allergènes

« La question des allergies alimentaires est une réalité. En 2016, sur les 2 993 notifications de risques alimentaires du système européen d’alerte rapide RASFF, 87 alertes étaient dues à des allergènes non déclarés qui ont provoqué des réactions allergiques », chiffre Gareth Davies. « Nous avons l’obligation, au même titre que n’importe quel opérateur de restauration de fournir une information assurant la protection des consommateurs et sur les caractéristiques nutritionnelles. Tous nos opérateurs savent que les consommateurs doivent être informés sur les ingrédients allergènes présents dans les aliments de chaque service selon la liste des 14 substances ou produits causant des allergies ou des intolérances. Nous avions pensé aux informations sur les pics dans le buffet, mais c’est impossible de fiabiliser l’information, car les clients les bougent quand ils se servent, et ils mélangent bien souvent les ingrédients », souligne-t-il.

Les plus lus

Drapeau de l'Ukraine
Poulet : l’Ukraine renforce ses accords et compte intensifier ses exportations en 2026

Les exportations de poulet ukrainien devraient progresser en 2026 vers l’Union européenne et le Royaume-Uni, qui pourrait bien…

rayon boucherie en magasin
La flambée des prix du bœuf a plombé la consommation en 2025, porc et poulet en profitent

Les prix d’achat des ménages de la viande bovine ont affiché une croissance à deux chiffres en 2025, ce qui s’est traduit par…

drapeau turc qui flotte au vent
Volaille : la Turquie suspend ses exportations pour le Ramadan

Les exportations de volailles turques sont suspendues depuis le 9 février. Cette mesure prise par l’État turc, vise à contenir…

Le poulet vendu en boucherie
Volailles : le poulet et les produits élaborés tirent toujours la consommation

La consommation de poulet continue de progresser en France, portée par la restauration hors domicile, alors qu’elle stagne en…

oeufs industrie
Œufs : L’UE importe plus, l’Ukraine et la Turquie en profitent

L’évolution des prix des œufs français, au  27 mars 2026, expliquée par le journal Les Marchés, qui publie trois fois par…

zone de contention en abattoir
Quels sont les abattoirs de boucherie récemment en difficulté, en infographie

La France a perdu un abattoir sur 5 depuis 2010. En s’appuyant sur la presse locale, Les Marchés a tenté de dresser une carte…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio