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La gestion de la Volatilité, un enjeu majeur

Pour la Fédération nationale des coopératives laitières, il faut s’inspirer, pour la PAC 2020, du Farm bill américain qui dénote une vision stratégique de la notion de risque.

Dominique Chargé,
président de la FNCL.
Dominique Chargé,
président de la FNCL.
© R.d

Tout le monde ne met pas la même chose sous le mot volatilité. C’est ce qu’a expliqué Bastien Gibert, économiste et conseiller du Momagri(1) lors de l’assemblée générale de la Fédération nationale des coopératives laitières (FNCL) le 23 avril dernier. « Il existe trois conceptions différentes de la volatilité. Et ces conceptions différentes conduisent à des conclusions différentes ». Il y a celle des économistes (la Commission européenne) qui s’intéresse à la dispersion du prix autour de la moyenne ; celle des statisticiens (les assurances) qui mesure l’amplitude des événements inhabituels et leur fréquence ; et celle des financiers qui se penche sur le rendement financier à l’aide d’indices de prix. Difficile dans ces conditions de dialoguer quand, en regardant les courbes des cours du beurre et de la poudre par exemple, on ne voit pas la même chose : la Commission retient surtout la tendance et pas l’explosion d’événements inhabituels de grande amplitude.

« Depuis 2000, les épisodes d’hypervolatilité se développent avec un niveau de retournement de prix d’un mois sur l’autre supérieur à 10 %, souligne- t-il. Le problème aujourd’hui, c’est qu’aucun acteur n’arrive à anticiper cette volatilité. Les marchés agricoles sont devenus des marchés d’anticipation complexes ; ils ne sont plus une simple confrontation de l’offre et de la demande ».

 

METTRE LE RISQUE À UN NIVEAU ACCEPTABLE

La volatilité des prix est un problème majeur pour la filière. Pour Dominique Chargé, président de la FNCL, il est clair que « la gestion de la volatilité ne pourra se passer de l’intervention des pouvoirs publics en cas d’amplitude extrême sur les marchés. » Il demande « la mise en place d’un système de gestion de crise au niveau européen, obligatoire et équitable, dans lequel les outils d’intervention existants doivent pouvoir être mobiles et réactifs », ce qui n’avait pas été le cas face à l’embargo russe. « Il faut aussi s’inspirer, pour l’élaboration de la PAC 2020, des expériences des autres pays, en particulier du mécanisme de sécurisation de la marge des éleveurs laitiers américains. »

« Nous n’avons pas eu beaucoup de répondant des autres États membres depuis trois ans sur le sujet, a répondu le représentant du ministre Jean- Guillaume Bretenoux. Le ministre continuera à porter la demande d’un dispositif réactif et efficace. » Mais il reste à définir « de façon précise un dispositif consensuel en France et acceptable par les autres pays ».

 

DES LEVIERS D’ACTION AU NIVEAU DES ENTREPRISES

Face à la volatilité, les coopératives et les entreprises privées peuvent elles aussi proposer aux éleveurs des instruments de gestion du risque, à l’image de la coopérative Glanbia en Irlande qui propose un contrat indexé à prix fixe garantissant aux éleveurs volontaires le prix du lait sur trois ans. Le principe de base du contrat est de partager le risque entre les trois parties: les producteurs, la coopérative Glanbia et ses clients.

 

(1) Groupe d’échanges pour promouvoir la régulation des marchés agricoles. Il propose de créer un tunnel de prix au sein duquel il n’y a plus d’intervention des pouvoirs publics, avec des paiements contracycliques en-dessous d’un prix plancher.

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