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La filière viande va devoir vivre avec la fièvre catarrhale

L’épidémie est installée pour longtemps et la filière va devoir s’habituer à cohabitation avec la maladie, disent les scientifiques. La saison hivernale a peu de chance d'éradiquer le virus, selon eux.

« Vu le nombre important de foyers de fièvre catarrhale, je suis assez pessimiste sur le fait que l’hiver suffise à faire disparaître le virus », a estimé lundi Renaud Lancelot, du centre d’agronomie tropicale Cirad. S’exprimant lors d’un point presse commun avec l’Inra, le scientifique a jugé « présomptueux de penser que les mesures réglementaires puissent suffire à bloquer l’extension de la maladie », les moucherons vecteurs pouvant être très facilement transportés par le vent. Ce dernier facteur a vraisemblablement joué un rôle dans la multiplication des cas aux Pays-Bas, en Allemagne et en Belgique, alors que la France est relativement épargnée. « La modélisation dynamique de l’infection correspond assez bien à la diffusion du virus», a-t-il précisé.

Petite maladie grosse facture

Les éleveurs français vont devoir cohabiter avec la maladie de la langue bleue qui semble en passe de s’installer durablement dans le nord de l’Europe, alors qu’elle était considérée jusqu’ici uniquement comme une maladie tropicale, ont souligné les scientifiques. « Il va falloir s’habituer à vivre avec la bluetongue », a affirmé Gilles Aumont, chef du département de santé animale à l’Inra. L’apparition de la maladie a conduit les pouvoirs publics français à décréter une interdiction des mouvements de bétail dans les zones touchées. La sévérité de ces mesures est vivement contestée au sein de la filière viande. Renaud Lancelot a reconnu que l’écart entre la « gravité relativement modeste » de la maladie et « l’importance des conséquences économiques » pouvait poser problème. Ces mesures compliquent aussi gravement la tâche des éleveurs en matière d’insémination artificielle.

Aucune certitude n’existe sur l’identité précise du vecteur. C. dewulfi, un petit insecte cousin de Culicoides imicola, constitue un bon candidat, mais cela reste une hypothèse. « Il est possible que plusieurs espèces de culicoides soient impliquées », a signalé le spécialiste du Cirad. Plusieurs de ces moucherons piqueurs peuvent transmettre le virus en Europe, mais leur rôle est mal connu. Leur capacité vectorielle dépend d’interactions complexes entre insectes, hôtes, virus et environnement. Le rapprochement en cours entre l’Inra et le Cirad devrait renforcer les recherches sur la biologie et l’écologie de ces interactions et l’analyse et la modélisation de l’occurrence et de la diffusion. Ces travaux permettront d’améliorer les analyses de risque et les méthodes de surveillance et de contrôle de la bluetongue.

Par ailleurs, les deux organismes ont annoncé la mise en place en Corse de Bioscope, un observatoire du vivant en Méditerranée. Il s’agit d’un système d’information en temps réel, qui propose des prévisions épidémiologiques et contribue à une prévention et un contrôle de diverses pathologies, parmi lesquelles la bluetongue, mais aussi la grippe et la trichinellose. Bioscope repose sur une infrastructure lourde d’observation de la santé humaine et animale, conçue sur un modèle de réseau Sentinelles.

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