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La filière équine en danger


Source : FranceAgriMer d¹après Douanes françaises
Il faut résoudre le problème de la désaffection des abattoirs et des grossistes... « Si l'on n'y arrive pas, dans cinq ans, c'est terminé », a déclaré Michel Beaubois président d'Interbev équin début octobre au Sommet de l'élevage.

La France produit moins de la moitié de la viande chevaline qu'elle consomme : elle importe surtout de la viande américaine et exporte seulement 4 814 têtes par an (2013). Le débouché incontournable reste l'Italie et les engraisseurs espagnols. Globalement, la production française diminue depuis les années 60. Si la tendance était à la hausse entre 2005 et 2013 (jusqu'à 8 000 t équivalent carcasse en 2013), le premier semestre 2014 a enregistré un recul de 18 %. En quatre ans, le nombre de chevaux lourds a été ainsi divisé par trois. Voilà ce qui est ressorti d'une conférence organisée au Sommet de l'élevage. L'élevage ne concerne que 10 % du cheptel équin, et les poulinières sont en chute libre. Ces faibles volumes limitent la filière : moins de dix abattoirs ont des volumes significatifs et un seul est spécialisé.

Des prix à la production au plancher

La consommation française est de 300 grammes par habitant et par an (en progression de 3,8 % en 2013), contre 2,2 kilogrammes en 1963. 40 % des achats ont lieu en boucherie et marchés traditionnels. Les consommateurs sont plutôt âgés et préfèrent la viande rouge, alors que la France produit de la viande blanche. La qualité est hétérogène : les chevaux de trait fournissent 10 % de la viande équine française, le reste étant des réformes de chevaux de course et de loisirs. En 2013, les prix à la production étaient au plancher, entre 1,50 et 2,50 euros par kilogramme de carcasse.

Poulains de 30 mois et vente à la ferme

Chercheur à l'Inra, William Martin-Rosset a présenté, à Cournon, les différents modes de production : « Les systèmes sont définis depuis trente ans, mais les éleveurs les ignorent », s'est-il agacé. Selon les modèles, les poulains de trait sont abattus à 6, 12, 18 ou 30 mois. Leur poids varie entre 400 et 740 kilogrammes vifs.

Avec l'âge, la tendreté diminue et la couleur augmente. D'après les tests organoleptiques, la viande de 30 mois est nettement préférée. « Il faut lancer une filière économique rentable en produisant des animaux à viande. Les bouchers sont prêts à contractualiser et pratiquer des tarifs supérieurs à 3 euros/kg de carcasse. On doit aussi résoudre la désaffection des abattoirs et des grossistes. Si l'on n'y arrive pas, dans cinq ans, c'est terminé », a déclaré Michel Beau-bois, président d'Interbev équin. ” « On attend votre cahier des charges et des primes à l'engraissement ! », lui a répondu un éleveur. Une réunion de travail est prévue d'ici à la fin de l'année.

Il faut lancer une filière économique rentable

Si une enquête de l'IFCE confirme l'intérêt économique du poulain de 30 mois, « la seule façon de dégager des marges positives est la vente à la ferme. Avec un prix de vente moyen de 10 euros/kg, on gagne 471,52 euros pour un poulain de 18 mois et 732,32 euros pour un cheval de 30 mois », a regretté Catherine Trillaud-Geyl, experte en alimentation équine pour l'IFCE.

Au sein des grilles de cotation, Interbev voudrait poser comme nouveau critère l'étape et le mode d'engraissement.

Rédaction Réussir

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