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La culture ivoirienne du cacao se redresse


> Dans un des 17 centres de fermentation et de séchage du programme de développement « Pacts » de Cémoi, Petra Foods et Blommer en Côte d'Ivoire.
La première production mondiale de cacao sort d'une situation inquiétante. Le gouvernement ivoirien et les industriels et négociants du cacao conjuguent leurs efforts. Résultat, la filière progresse.

La Côte d'Ivoire a positivement surpris cet automne, en achevant une récolte record de fèves de cacao (1,74 million de tonnes). L'autre succès du premier pays producteur de cacao a été un taux réduit (14 %) de rejet à l'export pour cause d'humidité ou de présence de moisissures. Le site commodafrica.com relève cette « évolution majeure » au regard des anciens taux ayant atteint 65 %. Il se fait l'écho du Conseil café-cacao (CCC), l'office public de régulation, qui avait établi 19 % de rejet pour la campagne 2012/2013 et vise l'objectif de 10 % pour 2014/2015. Il assortit son prix garanti aux planteurs de critères minimaux de qualité.

Un verger qui demande à être régénéré

Le CCC a été mis en place en 2011 par le gouvernement du président Alassane Ouattara pour rompre avec une décennie de libéralisation. Cette désorganisation avait mis la culture ivoirienne du cacao sur le flanc. Elle présente aujourd'hui des faiblesses unanimement reconnues. Il s'agit, pour la partie agronomique, d'un verger qui demande à être régénéré, sensible aux maladies et à faible potentiel, de sols appauvris et de moyens de production insuffisants. Pour la partie humaine et économique : des planteurs également vieillissants, pauvres et peu compétents, le manque de structures de production et de commercialisation, des menaces sur l'accès aux terres et des frais d'approche jugés élevés par les opérateurs.

Prix garanti de 850 francs CFA aux producteurs

Les étrangers ont des programmes de développement local

Ces faiblesses persistent, mais il ressort de la Conférence mondiale du cacao, à Amsterdam en septembre dernier, que la filière progresse. « Les entreprises ont fait un grand pas en menant des actions communes et en évaluant les progrès », estime Bénédicte Châtel, directrice associée du site « Commodafrica », qui y assistait. Elle souligne aussi que « les grandes entreprises et les pouvoirs publics ont les mêmes préoccupations ». Plusieurs industriels étrangers du cacao ont leurs outils de première transformation en Côte d'Ivoire. Barry Callebaut, avec quatre sites de production à Abidjan, San-Pédro et Yamoussoukro (bio) ; Cargill avec un site à Abidjan (capacité de 120000 t par an). ADM a un site à Abidjan ainsi que le Français Cémoi (capacité visée 100 000 t par an), et le Singapourien Olam a fait démarrer son site au port de San-Pédro (120 000 t par an d'après l'agence Bloomberg en 2012). Le Français Touton y est aussi implanté. Ces étrangers constituent les huit dixièmes des capacités de broyage du pays qui veut faire progresser cette activité de 30 à 50 %. Tous ont leur programme local de développement agronomique, de soutien aux planteurs et de structuration en coopératives. Ces programmes respectent l'intention du gouvernement de maintenir en place des petits producteurs familiaux et leurs cultures vivrières. Mais le coup de pouce décisif est ” celui du prix offert aux producteurs grâce à la vente anticipée d'une importante partie de la récolte. Le CCC l'a annoncé à 850 francs CFA début octobre ; une hausse de 13 % après celle de 3,4 % l'an dernier. Ça n'est pas encore les 1000 francs CFA réclamés par certains, mais c'est plus du double des rémunérations des années 2000.

VERS UN LABEL « CACAO ORIGINE CÔTE D'IVOIRE »

La filière chocolatière française et la filière ivoirienne veulent créer un label « Cacao Origine Côte d'Ivoire » pour distinguer un « produit d'excellence issu d'une filière durable et exemplaire ». Le Syndicat du chocolat, la Confédération des chocolatiers confiseurs de France et le ministère de l'Agriculture de Côte d'Ivoire ont signé un engagement à Paris le 1er octobre à l'occasion de la Journée mondiale du cacao et du chocolat. Les signataires se donnent un an pour lancer une charte assortie de « moyens d'actions concrets » afin de pouvoir garantir une qualité organoleptique typique, un mode de production durable et respectueux des forêts, et la traçabilité de la matière première à travers des coopératives structurées.

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