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La Cavac développe ses filières agri-éthiques


> Ludovic Brindejonc, co-concepteur de la filière Blé Agri-Éthique France.
Lancée avec succès sur le blé, la démarche initiée par la coopérative vendéenne repose sur un prix sécurisé sur trois ans. Une filière vin est née récemment dans le Cher en attendant une possible duplication sur une production animale.

C'est au début de l'année 2012 que Ludovic Brindejonc, chargé de mission RSE à la coopérative vendéenne Cavac, et Christophe Vinet, directeur céréales, ont imaginé un modèle de contrat durable permettant à la filière blé de s'affranchir en partie de la volatilité des cours. Après de multiples rencontres avec leurs partenaires, notamment les minoteries Girardeau et Planchot, très actives dans la démarche, la filière Blé Agri-Éthique France a officiellement été lancée en juin 2013. Elle repose sur la contractualisation de l'agriculteur au boulanger sur un prix du blé fixe sur trois ans et ainsi déconnecté des marchés financiers. Le volet social du développement durable est assuré par le maintien d'emplois locaux tandis que les producteurs s'engagent à mener une action innovante en faveur de l'environnement.

La première boulangerie Agri-Éthique a été inaugurée en octobre 2013 à La-Roche-sur-Yon et le mouvement n'a cessé de prendre de l'ampleur. 500 agriculteurs, 10 meuniers et 300 boulangers sont aujourd'hui recensés, en toute transparence, sur le site Internet d'Agri-Éthique.

La Dauphinoise prête à s'engager

D'abord pensée comme interne à la Cavac, la démarche s'est vite ouverte sur l'extérieur, à la demande des meuniers. L'Épi Salvagnacois l'a ainsi diffusée dans le Sud-Ouest tandis que la coopérative rhônalpine La Dauphinoise s'apprête à s'engager. Les volumes commercialisés en blé Agri-Éthique dépassent les 15000 tonnes, indique Ludovic Brindejonc, directeur général d'Agri-Éthique, qui salue « une réussite ». « On a passé le cap des professionnels. Il nous reste un gros travail pour enclencher la deuxième étape, le cap du consommateur. »

Réflexion autour de la volaille et du porc

Communication et animations dans les boulangeries, présence sur les réseaux sociaux y concourent, mais le meilleur moyen de populariser la démarche réside sans doute dans la duplication à d'autres productions. La filière Vin Agri-Éthique est née en juin 2014 de l'initiative de Daniel Nairaud, viticulteur et propriétaire de la société de négoce Bituriges Vins. Ce passionné, par ailleurs ancien directeur adjoint de l'Inao, a vu dans le concept créé par la Cavac un moyen de sécuriser son vignoble, l'AOC Châteaumeillant, situé dans le Cher. Le fonctionnement est identique à celui de la filière blé. Bituriges Vins s'engage sur un prix du raisin fixé pour deux ans, à un niveau supérieur à la moyenne du marché de l'ordre de 15 %. Cette majoration est répercutée aux cavistes et restaurateurs afin d'assurer un partage équitable de la valeur ajoutée tout au long de la filière. Agri-Éthique songe à faire adhérer d'autres petits vignobles français souhaitant moins dépendre des aléas climatiques et du marché du vrac. Au-delà, la vraie ambition de la Cavac est d'amener la démarche sur les productions animales. « Ce serait encore plus logique, car les difficultés y sont encore plus importantes, entre la volatilité du prix de l'alimentation animale et la pression du prix de vente », explique Ludovic Brinde-jonc. La volaille ou le porc pourrait être la première filière animale concernée, laisse-t-il entendre.

VERS LE MILLIARD D'EUROS

Le groupe Cavac a affiché sur l'exercice 2012/2013 un chiffre d'affaires consolidé de 798 M€, dont 578 M€ pour la coopérative. Le résultat net consolidé a atteint 5,6 M€ tandis que la capacité d'autofinancement s'est élevée à 18 M€. La coopérative, qui réunit 6 000 adhérents, réalise 30 % de son activité dans les productions végétales, 28 % dans les productions animales et 19 % dans la nutrition animale. L'exercice 2013/2014 devrait voir la Cavac se rapprocher du milliard d'euros de chiffre d'affaires. Les mois passés ont été marqués par des rapprochements avec d'autres acteurs coopératifs vendéens, Géo sur le bœuf pour créer Bovineo, CPLB sur le lapin et la CAHBV, spécialisée en plants de pommes de terre.

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