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« Il faut trouver des leviers financiers »

Joël Merceron est le directeur de Ter'elevage (Terrena), 1er groupement français de producteurs de bovins.

Les Marchés : Le rapport du député François Guillaume propose l’établissement d’une « haute autorité » de défense de « l’éthique coopérative » dotée d’un organisme financier, et la constitution d’un fonds d’aide aux restructurations. Ces idées vous semblent-elles intéressantes pour la viande ?

Joël Merceron : Le statut coopératif reste une idée moderne par le partenariat qu’elle suggère entre l’entreprise et les adhérents de la coopérative. Il faut défendre cette idée. Le secteur de la viande bovine est confronté au renouvellement des éleveurs et à la forte capitalisation des exploitations. On va sans doute évoluer vers des tailles agrandies, ce qui veut dire une forte mobilisation financière.

Une installation avec un cheptel de 80 vaches coûte 300 000 euros. Les durées des crédits sont trop courtes - les prêts Jeunes Agriculteurs sont remboursables en quinze ans seulement ! Ne faudrait-il pas envisager qu’une partie du capital d’exploitation soit détenue par d’autres formes de porteurs ?

Vient aussi la question de la transmission du capital social. Les agriculteurs pourront-ils capitaliser à la fois dans la production et les outils d’abattage et de transformation ? Vu les sommes nécessaires, il faudra trouver des leviers pour démultiplier les capacités de financement.

LM : Le capital social doit-il être plus mobile et plus rémunérateur ?

J. M. : Les filières coopératives se sont construites davantage par accumulation de résultats que par capitalisation agricole. C’est bien que le pouvoir reste aux coopérateurs en maintenant une part importante du capital de la coopérative en réserve indivisible. D’un autre côté, nos adhérents nous disent que leur capital engagé « ne prend pas de valeur » comme dans d’autres placements. La question est très politique : « est-ce qu’on privilégie l’instant ou le futur ? »

LM : Jacques Chirac invite à la concentration des outils et des moyens pour l’export. Cela vous paraît-il indispensable dans votre secteur ?

J.M. : La nécessité de s’organiser face à la concentration de la distribution en Europe est une évidence. Nous l’avons mise en pratique dès 1999 avec Jeunes Bovins de l’Ouest, une seule société de commercialisation pour les abattoirs de Terrena et de Socopa du sud de la Loire. Nous avons ainsi restructuré le pôle d’abattage de la région.

Ter’elevage est une union de 3 coopératives. Les regroupements donnent une meilleure performance à la vente et des charges d’intermédiation réduites.

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