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Groupe Even : De nouveaux investissements malgré la crise

Le groupe coopératif Even ne dévie pas son cap vers l’investissement, l’innovation et l’internationalisation. Tout en soutenant ses producteurs en proie à une crise « longue et violente, mais pas durable », exprime son directeur général, Christian Couilleau.

© F. JOURDAIN

En croissance constante depuis 2011, le chiffre d’affaires du groupe Even (à Ploudaniel, dans le Finistère) a marqué le pas en 2015, reculant de 60 millions à 2,1 milliards d’euros. Pour l’entreprise coopérative qui intègre la totalité des comptes de Laïta (61 % deson chiffre d’affaires) dont il est le premier actionnaire aux côtés de Triskalia et Terrena, ce sont les difficultés sur le marché mondial, après la suppression des quotas laitiers en Europe en 2015, qui en sont à l’origine. Pour autant, « sa santé financière n’est pas affectée », dit le groupe. Ce qui le conforte dans sa stratégie de poursuivre sa politique d’investissements, d’innovation et d’internationalisation de son activité.

UNE CINQUANTAINE DE NOUVEAUX PRODUITS

Even va injecter cette année une centaine de millions d’euros dans son parc industriel, des unités de PGC (yaourts, beurre, crème fraîche, fromages fouettés, crêpes), fromages et poudres de lait. Quarante millions seront consacrés à la réalisation de la dernière tranche de construction de sa nouvelle tour de séchage à Créhen (Côtes-d’Armor), une unité en capacité de produire 30 000 tonnes par an de poudres de lait prémium et infantile, opérationnelle en 2017. Elle sevoit également dotée d’ateliers de déminéralisation de lactosérum et de boitage pour lait infantile. Après avoir investi en moyenne 50 millions d’euros sur les derniers exercices, Even accélère la modernisation deses procédés. « Pour accéder à la croissance de la consommation de lait dans le monde (+2 % par an), il nous faut investir et innover pour que nos produits génèrent plus de valeur et ne soient pas substituables par d’autres produits », explique Christian Couilleau, directeur général d’Even et de Laïta. De fait, les équipes de R & D d’Even proposent régulièrement de nouvelles évolutions culinairesen PGC ou technologiques pour les poudres premium. Une cinquantaine de nouveaux produits ont été mis sur le marchéen 2015, notamment sous marque Paysan Breton, mais aussi dans les ingrédients secs (poudres de yaourt à fonctionnalités, laits infantiles, boissons liquides à haute teneur enprotéines, etc.). Soucieuse de protéger ses innovations, Evena déposé en 2015 trois brevets qui concernent « la nutrition humaine et animale », précise Christian Couilleau.

OBJECTIF : 50 % DU CA À L’INTERNATIONAL

Quant à l’internationalisation, elle est en marche. 40 % du chiffre d’affaires de Laïta résulte déjà de ventes à l’exportation. Cependant le groupe entend encore développer ses positions commerciales à l’étranger. Laïta a participé l’an passé à plusieurs grands salons internationaux, ouvert deux bureaux commerciaux en Chine et au Vietnam et passé de nouveaux accords, notamment avec des opérateurs d’Amérique du Sud et du Moyen-Orient. Le groupe a pour objectif de réaliser, d’icià 2020, la moitié de son chiffre d’affaires à l’export.

5 MILLIONS D’EUROSAUX PRODUCTEURS

Cette croissance repose, bien évidemment, sur les prévisions de production supplémentaire d’ici à cinq ans affichés par les adhérents d’Even et ceux de Triskalia et Terrena (3 500 points de collecte au total pour 1,510 milliard de litres de lait). « Lors de notre dernière enquête réalisée en 2015, les producteurs nous ont dit vouloir augmenter le litrage de 200 millions de litres, soit croître de 10 à 15 % », explique le président d’Even, Guy Le Bars. D’ores et déjà, le litrage moyen par point de collecte adhérent d’Even (800) a progressé significativement en un an, passant de 465 000 à 515 000 litres. Mais dans le contexte actuel d’une offre supérieure à la demande qui entraîne les cours vers le bas, il n’est pas sûr que cette croissance se poursuivra sur les mêmes bases. Aussi Even a-t-il décidé de distribuer à ses adhérents une part plus importante du résultat. Ils bénéficieront d’une aide de 12 euros pour 1 000 litres, équivalant à 5 millions d’euros contre un peu plus de 3 millions distribués en 2014.

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