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Grandes cultures : Bussereau appellé à être « offensif »

Les présidents de l’AGPB et de la FOP s’alarment d’un accord déséquilibré dans le cadre du cycle de Doha. Ils soumettront leurs propositions mercredi au ministre de l’Agriculture.

Philippe Pinta, président de l’association générale des producteurs de blé (AGPB), se rendra mercredi chez Dominique Bussereau en compagnie de Xavier Beulin, président de la fédération des producteurs d’oléoprotéagineux (FOP), afin de commenter les simulations alarmistes des effets possibles d'un accord déséquilibré à l'OMC et de rappeler les politiques à leurs engagements. La ligne rouge serait dépassée pour les céréales dans un accord du cycle de Doha si le droit de douane des céréales diminue de plus de 50 %. Dans ce cas déjà, l’Espagne aurait intérêt à importer du blé extra-européen.

Il y aurait risque de chutes de prix violentes résultant à la fois de la perte des restitutions à l'export et de concessions importantes quant à l'accès au marché européen. Le blé fourrager et le maïs sont les plus menacés. Hors de question, considère-t-on à l'AGPB, de céder si les États-Unis ne démantèlent pas leur système déguisé de subventions à l'exportation. Plutôt « aller au panel », dit Philippe Pinta. L'Europe doit à son sens se montrer plus offensive puisqu'elle n'est pas récompensée de la disposition « Tout sauf les armes » au profit des pays les moins avancés. Si les chiffres de l’engagement européen, qui doivent être arrêtés à la fin avril, ne prennent pas en compte ces considérations, la réforme 2003 sera obsolète, selon eux. Des calculs « très parlants » ont déjà été transmis par l'AGPB au cabinet du ministre. Ils seront discutés mercredi et serviront d'arguments au ministre français.

Au-delà du péril à l'OMC, la question budgétaire taraude le secteur des grandes cultures. Le budget européen ne tient pas compte de l'entrée future de la Roumanie et de la Bulgarie. Il manque bien quelques milliards d'euros, estime le président du syndicat céréalier. Or, la tentation de le réduire est déjà prouvée par la disposition permettant aux nouveaux États-membres de piocher dans la caisse à hauteur de 20 %. Le budget alloué aux grandes cultures est déjà amputé de 5 % au titre de la modulation des aides, et de 3 % pour constituer une réserve. En 2013, il ne faudrait pas perdre davantage. Un point d'aide en moins équivaut à 2 à 3 points de revenus en moins, 4 dans certaines situations.

Engager 20 millions d'euros dans le végétal

Dix points d'aide en moins, c'est jusqu'à 40 % de revenu en moins, s'alarme Philippe Pinta pour qui le revenu moyen des céréaliers ne saurait descendre en dessous de 70 euros/hectare. Sur l'éthanol et le diester, les deux responsables ne doutent pas de la bonne volonté du gouvernement. Ils savent sur quels volumes de défiscalisation les céréaliers, betteraviers et producteurs d'oléagineux peuvent compter. La seconde tranche sera annoncée fin février ou début mars. Mais le président de l'AGPB s'inquiète de savoir si l'éthanol trouvera acheteur. Et là, il attend qu'un certain grand pétrolier accepte de fournir de l'essence à basse volatilité aux distributeurs indépendants. En effet, l'éthanol a l'inconvénient d'augmenter la volatilité de l'essence à la pompe.

Concernant les volumes défiscalisés d'éthanol et de diester, la question qui se pose est « à qui » ils seront attribués (lire ci-dessous). Il y a en effet trois à quatre fois plus de demande. Les deux présidents vont suggérer au ministre qu'il plaide en faveur des projets déjà en route, dont aucun ne bénéficie de volumes suffisants pour être rentable, afin que l'on pose la première pierre des usines. Xavier Beulin rappellera pour sa part à Dominique Bussereau la promesse faite au Space par Dominique de Villepin d'engager 20 millions d'euros dans le Plan du végétal pour la mise aux normes environnementales des équipements. En effet, l'avenir des cultures oléagineuses dépend de l'économie du diester et des aides conditionnées aux pratiques agronomiques.

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