Aller au contenu principal

Fromagerie Germain - Triballat Rians : Une nouvelle fromagerie pour les AOP époisses et langres

Le groupe Triballat-Rians a mis en service, début juillet, à la fromagerie Germain une nouvelle unité de fabrication pour ses deux fromages de terroir AOP : l'époisses et le langres. L'objectif est d'offrir la sécurité sanitaire d'un outil industriel et développer les ventes.

Le nouvel outil industriel produira en première année 900 tonnes
de fromages dont 55 % d’époisses et 35 % de langres.
Le nouvel outil industriel produira en première année 900 tonnes
de fromages dont 55 % d’époisses et 35 % de langres.
© A-M. Paulais

Maintenir les qualités organoleptiques des produits de terroir en offrant la sécurité sanitaire d'un outil industriel tel est le challenge que se sont donné les laiteries Hubert Triballat, propriétaires de la fromagerie Germain. En juillet 2018, une nouvelle unité de production a pris le relais de celle de Chalancey en Haute-Marne pour la production des deux AOP locales l'époisses et le langres. « Nous devions faire la mise aux normes, il fallait s'agrandir et assurer de meilleures conditions logistiques », justifie Bernard Charon, directeur de la fromagerie.

 

UN PROJET D'AVENIR POUR LE TERRITOIRE

Idéalement situé aux confins des zones de production de l'époisses et du langres, à Vaux-sous-Aubigny en Haute- Marne, le nouvel outil industriel produira en première année 900 tonnes de fromages dont 55 % d'époisses, 35 % de langres et 10 % de spécialités comme l'affiné au chablis, le triple crème ou le roussin. Trois ans après la décision de se doter d'un nouvel outil pour produire dans de meilleures conditions sanitaires en offrant au personnel de meilleures conditions de travail, la fromagerie est désormais opérationnelle. Elle est aussi tournée vers l'avenir avec des aménagements dimensionnés pour une production annuelle de 1 500 tonnes et des possibilités d'agrandissements. « On a un peu de place », commente sobrement Bernard Charon en précisant que l'usine couvre 7 000 m2 sur une parcelle de 40 000 m2. « L'objectif est de pouvoir s'agrandir sans pénaliser la production en cours », poursuit le directeur.

 

UN OUTIL MODERNE AUX NORMES INTERNATIONALES

Le projet de bâtiment a été porté par la communauté de communes du Montsaugeonnais permettant à l'investissement de 14 millions d'euros au total (10 millions d'euros pour le bâtiment et 4 millions d'euros pour le matériel), de bénéficier de subventions. Avant de démarrer ses fabrications, outre les agréments vétérinaires, la nouvelle fromagerie Germain a attendu de bénéficier de la certification IFS Food, porte d'accès à la grande distribution française, allemande, italienne et du BRC (British Retail Consortium) pour l'accès au marché britannique de même que l'agrément pour l'exportation vers les États- Unis. Les ventes hors de nos frontières représentent pour les deux AOP entre 25 et 30 % du chiffre d'affaires. Les principales destinations sont le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Suisse, le Benelux. Le marché polonais se développe tout comme celui de l'Amérique du Nord (Canada, États-Unis) et plus loin encore l'Asie du Sud-Est, le Japon et l'Australie grâce aux synergies du groupe Triballat-Rians.

La préoccupation de la qualité sanitaire a prévalu dans la conception du bâtiment et des circuits de circulation. Toute la fromagerie est en surpression et la plupart des opérations se déroulent en zone rouge pour éviter de multiplier les sas. Une attention particulière a été portée aux économies d'eau et d'énergie avec l'installation d'éclairage led, la récupération des eaux des derniers rinçages pour le lavage, l'installation de moteurs économisant de 25 à 30 % d'électricité, la récupération des calories du groupe froid pour chauffer l'eau sanitaire, la mise en place de chaudières à haut rendement avec des brûleurs à variateurs qui s'adaptent aux besoins... La réduction des manipulations a également été optimisée dans cette usine qui emploie 70 personnes en moyenne.

 

UNE VITRINE POUR LES PRODUITS DU TERROIR

Le lait (10 millions de litres environ) est collecté dans un rayon de 25 à 30 kilomètres autour de la fromagerie de Vaux-sous-Aubigny auprès d'une vingtaine de producteurs. Un lait produit pour les deux AOP donc non délocalisable. Pour valoriser tout le lait produit et notamment le lait de début d'année en quantité importante, la fromagerie a développé d'autres fromages comme «le gourmet» au cassis, au marc de champagne, à la truffe ou à la moutarde de Dijon qui surfe sur la tendance de la typicité des goûts mise en avant au dernier Sial. Une diversification nécessaire qui multiplie cependant les références et les emballages.

 

STRATÉGIE

Vendre ses produits mais aussi expliquer l'histoire des fromages AOP d'époisses et de langres, leurs modes de fabrication tout en permettant, « à travers la vitre », de jeter un coup d'oeil aux fabrications, telles sont quelques-unes des missions de la boutique attenante à la fromagerie. Un magasin de 200 m2 qui vend aussi toute la gamme des produits du groupe ainsi que des produits haut-marnais comme la bière, le miel, le cassis mais aussi les vins du vignoble du Montsaugeonnais tout proche. Située à proximité de l'axe Langres-Dijon, elle propose une halte gastronomique aux clients de passage parmi lesquels des touristes étrangers. Un espace cadeaux, un bar à fromages ajoutent du plaisir à la visite.

 

 

CHIFFRES CLÉS

o 20 producteurs
o 10 Ml de lait
o 900 t de fromages
o 500 t d'époisses
o 300 t de langres
o 14 MEUR d'investissement
o 7 000 m2 d'usine
o 40 000 m2 terrain
o 200 m2 boutique
o 70 salariés

Les plus lus

Drapeau de l'Ukraine
Poulet : l’Ukraine renforce ses accords et compte intensifier ses exportations en 2026

Les exportations de poulet ukrainien devraient progresser en 2026 vers l’Union européenne et le Royaume-Uni, qui pourrait bien…

rayon boucherie en magasin
La flambée des prix du bœuf a plombé la consommation en 2025, porc et poulet en profitent

Les prix d’achat des ménages de la viande bovine ont affiché une croissance à deux chiffres en 2025, ce qui s’est traduit par…

Des camions brulés dans un incendie
Porc : incendie de la flotte de camions de l’abattoir Paris Terroirs à Houdan

Ce week-end de Pâques, Cooperl a perdu ses camions frigorifiques de l’abattoir de Houdan, dernier abattoir porcin d’ile de…

oeufs industrie
Œufs : L’UE importe plus, l’Ukraine et la Turquie en profitent

L’évolution des prix des œufs français, au  27 mars 2026, expliquée par le journal Les Marchés, qui publie trois fois par…

Le poulet vendu en boucherie
Volailles : le poulet et les produits élaborés tirent toujours la consommation

La consommation de poulet continue de progresser en France, portée par la restauration hors domicile, alors qu’elle stagne en…

graphique de prix des oeufs
Œufs : les prix des œufs au sol battent des records en Europe, pas la cage

L’évolution des prix des œufs français, au  février 2026, expliquée par le journal Les Marchés, qui publie trois fois par…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio