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Export : L’Europe de l’Ouest passe en risque élevé d’impayés

Coface a révisé à la baisse l’évaluation de dix-neuf pays, dont seize en Europe, dans son baromètre sur les risques sectoriels d’impayés.

Exportations de poulets
Le Brésil restera le premier exportateur mondial de poulets en 2026
© Virginie Pinson

Alors que la guerre en Ukraine s’inscrit désormais dans la durée, les équilibres géo-économiques mondiaux sont bouleversés. Ce conflit exacerbe les tensions sur un système productif déjà fortement mis à mal par deux ans de pandémie. S’ajoute à cela le spectre d’une récession envisagée par les principales banques centrales dans les économies avancées, alors qu’on évoquait plutôt une stagflation.

Dans cet environnement complexe, Coface estime nécessaire de réviser à la baisse son évaluation des risques d’impayés d’entreprises sur certaines zones en particulier d’Amérique latine et d’Europe de l’Ouest, en ce qui concerne le secteur agroalimentaire. « Le nombre élevé de déclassements d’évaluations sectorielles ce trimestre met en lumière la détérioration de l’environnement économique », précise les économistes de Coface dans leur baromètre trimestriel publié le 21 juin sur leur site Internet. « La guerre en Ukraine est un coup supplémentaire porté aux chaînes de valeur, déjà mises sous tension par les perturbations associées à la pandémie de Covid-19 depuis désormais deux ans », peut-on y lire.

2023 sous les mêmes auspices ?

Estimant que la situation économique se détériore rapidement, les principales économies du continent européen se sont vu déclassées de risque moyen à risque élevé dans le secteur de l’agroalimentaire. Le scénario des économistes de Coface suggère, « à horizon 18 mois, un sensible ralentissement de l’activité, permettant à l’inflation de ralentir très (trop ?) progressivement ». Ils envisagent également des prévisions de croissance « particulièrement médiocres dans les pays avancés », justifiant la dégradation du positionnement risque de seize pays d’Europe de l’Ouest.

Des délais de paiement plus longs en Chine

Placée en risque moyen, la Chine n’a pas été déclassée par Coface dans cette nouvelle évaluation. Selon une enquête menée par Coface auprès de 1 000 entreprises, dont 6,6 % présentes dans le secteur agroalimentaire, sur les délais de paiement des entreprises en Chine et publiée à la mi-mai, les entreprises exportant vers la Chine ont été moins nombreuses à rencontrer des retards de paiement en 2021. Pour autant, celles qui en ont rencontré font état de périodes d’impayés plus longues.

Le retard de paiement moyen est passé de 79 jours en 2020 à 86 jours en 2021. Neuf des treize secteurs étudiés ont signalé une augmentation des retards de paiement, avec en tête l’agroalimentaire qui a enregistré la plus forte augmentation (43 jours), suivi du bois, des transports et du textile. Les économistes de Coface ont également constaté une augmentation qu’ils estiment comme « inquiétante », car « significative » des entreprises confrontées à des retards de paiement ultra-longs (ULPD), à savoir des retards de paiement de plus de six mois (19 % en 2021, versus 15 % en 2020), dépassant 10 % de leur chiffre d’affaires annuel.

L’agroalimentaire se place en deuxième secteur, derrière la construction sur ce point, avec 47 % d’entreprises confrontées à ces délais de paiement ultra-longs, contre 20 % en 2020.

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