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European Chicken Commitment  : combien coûte l’amélioration du bien-être des poulets

L'initiative European Chicken Commitment , qui garantit le bien-être animal dans les élevages de poulets, est coûteuse comparé au standard car ces élevages requièrent de plus grandes surfaces et de plus grandes quantités de céréales et d’eau. Une étude a modélisé les dépenses qu’engendrerait un passage total en production European Chicken Commitment . 

poulet european chicken commitment
La démarche European chicken commitment qui garantit le bien-être animal des poulets est coûteuse.
© Pascal Le Douarin

Densité de peuplement maximale de 30 kg /m², utilisation de races à croissance plus lente comparé aux poulets traditionnels, lumière naturelle sont quelques-unes des normes de production European Chicken Commitment(ECC). Cette démarche est prônée par les associations animalistes, notamment L214 qui milite activement pour que des entreprises comme LDC en fasse leur nouveau standard. Ces normes engendrent des coûts supplémentaires et des contraintes. C'est ce que chiffre RSK ADAS Ltd dans une étude réalisée en mars 2024. 

Lire aussi : Better Chicken Commitment : « les enseignes signent sans évaluer le surcoût »

Quelques exemples de la différence de prix entre la production de volaille ECC et la production standard. 

  • Le coût de production par kilo de viande est 37,5 % plus élevé en ECC (2,77 €/kg) centimes d’euros) qu’en standard (2,02 €/kg)  
  • Le coût de production par poulet est de 21,9 % plus élevé par rapport au standard à 39 kg /m². Il est de 3,34 € contre 2,74 € en standard. 

Entre la production de poulet ECC et la standard, l’écart de production est de 44 %. La production est de 118,3 kg /m² en ECC contre 211,25 kg/m² en standard.  

+24,4 % d’émissions de gaz à effet de serre par kg de viande produite  

L’allongement de la durée du cycle, l'augmentation des besoins en aliments et un rendement plus faible entraînent une augmentation de 24,4 % des émissions de gaz à effet de serre par kg de viande produite. 6,68 kg CO²e en production standard contre 8,31 kg CO2e en production ECC. 

Que se passerait-il si tout l’élevage de poulet devenait ECC dans l’Union européenne 

L'étude estime les coûts supplémentaires que pourraient engendrer le passage systématique en ECC. Sur la base de 5,674 milliards de volailles par an, la consommation d'aliment augmenterait d'environ 7,30 millions de tonnes (+34,5 %) et la consommation d'eau de 12,44 millions de mètres cubes (+34,6 %). D'autre part, si les rendements des cultures sont inchangés, il faudrait 1,57 million d'hectares supplémentaires pour répondre à l'augmentation des besoins. 

Lire aussi : Bien-être : la France bon élève en poulet, selon le Better Chicken Commitment

Davantage d’espaces et de poulaillers  

Il en résulte que les espaces de production devraient augmenter d’environ 7,15 millions de m² supplémentaires pour maintenir la même production annuelle de viande de poulet. “Au total, l'espace d'élevage devrait passer de 38,56 millions à 64,11 millions de m² (soit 25,55 millions de m² supplémentaires) pour maintenir la production annuelle actuelle de viande. Cela représente une augmentation de 66,3 %”, calculent les auteurs de l’étude.  

Autre estimation, 9 692 nouveaux poulaillers seraient nécessaires pour maintenir la production annuelle de viande de poulet, si on suppose une moyenne de 2 025 m² d'espace de croissance par poulailler. Le coût est évalué à 8,24 milliards d'euros “sur la base d'un coût d'investissement pour les nouveaux bâtiments de 420 euros par mètre carré d'espace de culture”. 

Du point de vue des agriculteurs, les coûts supplémentaires encourus devraient être compensés, ce qui nécessiterait de nouveaux accords sur la chaîne d'approvisionnement. 

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