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Euralis se rapproche des gastronomes du monde

Tout en défendant son Sud-Ouest d'origine, bassin de production du maïs, le numéro un du foie gras s'implante à l'étranger pour conquérir les amateurs de haute cuisine.

Euralis, principal producteur européen de maïs et actionnaire d’AB Bioenergy France, porteuse du projet d'usine d'éthanol à Lacq (Pyrénées Atlantiques), revendique pour le Sud-Ouest la place que cette région mérite dans les biocarburants. « Je n'admettrai pas que l'ensemble des outils soient au nord de la Loire», a affirmé hier Christian Pèes, président du groupe coopératif, à la conférence de presse précédant l'AG du groupe. La production de carburant est une nécessité pour la région qui voit, d'une part, l'historique débouché allemand du maïs s'effacer devant les chargements du Danube ; d'autre part les amidonneries anglaises disparaître ou substituer le blé au maïs.

Christian Pèes se montre conscient du moindre intérêt national de l'éthanol par rapport au diester et des réticences de Bercy. Il est sûr cependant que « dans dix ans, on n'aura assez d'aucune énergie» et feint l'incompréhension du « saucissonnage des annonces». Ainsi, il espère dans les prochaines semaines un agrément de défiscalisation à hauteur d'au moins 100 000 tonnes en supplément des 40 000 tonnes déjà acquises, pour un projet dont l'optimum se situe à 200 000 tonnes de production.

« Se renforcer sur son territoire» reste le premier souci d'Euralis. Le groupe y travaille aussi bien en diversifiant ses formules d'achat de maïs aux producteurs, et en recrutant des éleveurs de canards à foie gras dans tout l'Ouest de la France, qu'en s'associant aux autres coopératives du Sud-Ouest pour rendre le maïs doux plus compétitif ou porter le projet éthanol aux côtés de l'Espagnol Abengoa Bioenergy, second producteur mondial de bioéthanol. Il a créé la société de traitement de légumes Soléal avec Bonduelle, Maïsadour et Vivadour, dont le bilan de première campagne est jugé « très encourageant» par Michel Depierre, directeur général d'Euralis. Il investit dans ses sites de production de foie gras (après Les Herbiers en Vendée, Maubourguet dans les Htes-Pyrénées) et de semences.

Dans le prolongement de son activité agricole, « se développer à l'international » est devenu l'axe fort de la stratégie d'Euralis. Sa branche semences est implantée à l'échelon européen. Ainsi, malgré la pression du prix sur le maïs européen, la sécheresse en Espagne et l'arrêt des traitements Gaucho et régent, Euralis semences affiche des résultats en progression.

La nouvelle entité Euralis Gastronomie, n°1 du foie gras avec les marques Rougier, Montfort, Bizac, Grimaud et Pierre Champion, s'appuie sur l'expansion mondiale de ce marché et veut s'affirmer comme un opérateur international de la haute cuisine. Elle s'attaque au marché russe aussi bien qu'à l'« énorme » marché américain. Elle vient d'ouvrir un bureau commercial au Mexique ; son site de Lignol a obtenu l'agrément USDA pour vendre aux Etats-Unis ; elle a pris une participation majoritaire dans le premier producteur bulgare de foie gras, Brezovo, et chez les Canadiens Palmex et Aurpal.

La reprise de la société de plats cuisiniers haut de gamme Papillote n'est qu'un « premier pas » dans ce domaine, affirme la direction. En France, Euralis Gastronomie a une position commerciale dominante en restauration hors domicile et ses forces de vente dans la grande distribution vont aussi promouvoir les plats cuisinés. Tout à la digestion de ses nouvelles acquisitions, le pôle Gastronomie fait grimper ses résultats : + 8,4 % de CA en 2004-2005 à périmètre comparable (pour un CA de 343 millions d'euros).

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