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Equarrissage : réorganisation possible du service public

Le service public de l’équarrissage a été remis officiellement à l’étude par le secrétaire d’Etat à l’Agriculture. Son organisation ne satisfait ni les abattoirs ni les équarrisseurs. Son financement se révèle boiteux.

«Nous sommes prêts à étudier toute proposition d’évolution du service public de l’équarrissage, et ce dès 2005 », a déclaré mardi Nicolas Forissier à l’assemblée générale du Sniv (syndicat national de l’industrie des viandes). Le secrétaire d’État à l’Agriculture a précisé que cette « évolution » devrait préserver « un service public garant de la sécurité sanitaire », « conforme au droit communautaire et de la concurrence », et permettant « une couverture de l’ensemble du territoire national dans des conditions équitables ». Le représentant des industriels de l’équarrissage, Bruno Point (président du Sifco), a entendu avec intérêt cette déclaration. « C’est la première fois que l’État se montre publiquement disposé à dialoguer avec les filières et envisage de réorganiser l’équarrissage », commente-t-il. Il y voit un changement de direction du ministère de l’Agriculture. Au début de l’année 2004, il était explicite que le Service public de l’équarrissage ferait l’objet de passations de marchés auprès du Cnasea .

Mais Bruno Point s’est immédiatement demandé si sa profession : « serait associée, cette fois-ci, aux réflexions ? » Il pense que le gouvernement regrette aujourd’hui de n’avoir pas associé le Sifco aux discussions techniques sur le financement du SPE. On se rendrait compte que le Cnasea n’a pas les ressources nécessaires. « Le Cnasea règle des factures qui peuvent dater de 2003 ou 2002 en plus de celles de 2004 », souligne-t-il. Les dépenses auraient augmenté à cause des équarrisseurs, qui ont monté leurs prix. « Je m’inscris en faux, clame le président du Sifco. C’est trop commode de dire du mal de nous quand nous ne sommes pas là », constate-t-il amèrement, s’expliquant ainsi le fait que les équarrisseurs soient tenus à l’écart du débat. « Les dépenses n’ont aucune raison d’avoir augmenté pour les entreprises au cours du premier semestre », affirme-t-il. L’entrée en application de réglementations plus coûteuses n’a pas encore eu cet effet.

« Situation désespérée »

Par ailleurs, le président du Sifco juge « ubuesque » le système de paiement par les éleveurs de porcs et des bouchers. Le Sifco ne remet pas en cause le SPE français, « sans doute la meilleure garantie d’une couverture totale des matériels à risque », dit Bruno Point, qui souligne qu’en Espagne par exemple, les cadavres ne sont que très partiellement ramassés. Non opposé à une réorganisation, il craint cependant qu’elle ne retarde encore la fin du principe de réquisition. Cela fait maintenant trois ans que les équarrisseurs interviennent à l’appel des préfets. « Ce système que nous avions considéré comme transitoire est inadapté, considère-t-il, parce qu’il laisse aucune visibilité à long terme. »

De son côté, le président du Sniv a demandé une réforme de fond. Jean-Paul Bigard a dénoncé à l’AG les « surcoûts outranciers » du SPE qui ne tardera pas à mettre « de nombreuses entreprises dans des situations désespérées ». Jean-Paul Bigard a réclamé une « véritable alternative à la taxe d’abattage » en regrettant « l’absence d’une mobilisation interprofessionnelle forte »pour y parvenir. « Ce n’est pas en déplaçant les charges sur les autres acteurs de la filière et jusqu’au consommateur que nous résoudrons nos problèmes », a-t-il déclaré. Les industriels s’inquiètent de leur compétitivité, que le dispositif du SPE n’est pas seul à menacer. Jean-Paul Bigard a dénoncé la sur-réglementation en France, notamment en matière de sous-produits animaux.

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