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Entre relocalisation et valorisation, les filières bios s'organisent

Même si la production biologique continue de croître en France, 25 % des produits alimentaires biologiques consommés dans l'Hexagone restent importés. Tour d'horizon des filières où les efforts de relocalisation des approvisionnements se font sentir.

Structurellement en croissance depuis de nombreuses années, le marché peine encore à s'autosatisfaire dans de nombreuses filières. Le désir de relocalisation et de valorisation se fait néanmoins de plus en plus sentir. La question se pose pour la transformation des pommes et poires biologiques dont la production a fortement augmenté ces dernières années. En 2013, près de 49 % des pommes utilisées pour la transformation (achetées en fûts et en fruits) provenaient de l'Union européenne et 8 % hors de l'Union européenne, contre seulement 43 % de France, selon une enquête réalisée auprès de transformateurs de pommes et poires bios. Or, entre 2011 et 2012, la surface de pommeraies biologiques a augmenté de 30 % pour atteindre 3 359 hectares portant le potentiel de production de pommes bios à 37 000 tonnes (vergers en conversion compris). Les professionnels ont extrapolé à 31 000 tonnes la ” consommation de pommes de table biologiques, laissant entrevoir une possibilité de 6 000 tonnes de pommes biologiques potentiellement utilisables pour la transformation en jus, compotes ou purées. Pour les entreprises, les plus grandes difficultés d'approvisionnement concernent toutefois les fûts (purée et jus), dont plus des trois quarts proviennent de l'Union européenne et le reste hors de l'Union européenne. Des réflexions sont menées pour obtenir des fûts d'origine française.

Blé tendre bio : le recours aux importations, prévu en forte hausse

Grandes cultures : surfaces en augmentation de 1 %

En grandes cultures, le retard est relativement important. En 2013, les céréales biologiques ont couvert 163 139 hectares, en augmentation de seulement 1 %, selon les chiffres de l'Agence Bio. En blé tendre biologique, la collecte 2014 était estimée en retrait de 7 % par rapport à la campagne précédente pour atteindre 90 000 tonnes, selon le bilan prévisionnel de FranceAgriMer publié en août. Or, les utilisations étaient toujours appréciées en progression. Ces prévisions font dire à FranceAgriMer que « le recours aux importations est donc prévu en forte progression ». La récolte céréalière 2014 semble ainsi aussi décevante que celle du conventionnel, au dire de Jacques Denizet, responsable des achats de blés biologiques pour Dijon Céréales. « Nous nous approvisionnons au moins à 60 % en France, sur 12 000 tonnes au total. Cette année, cela sera en dessous. Nous importons principalement d'Autriche », explique-t-il. L'Italie et l'Allemagne restent aussi des fournisseurs potentiels. « À qualité comparable ou inférieure, c'est toujours moins cher qu'en France, malgré le transport. » S'ajoutant au manque de disponibilité, les prix ont également flambé. Le blé bio de qualité boulangère aurait vu son prix augmenter de 50 euros la tonne, >> par rapport aux 430 euros de l'année dernière, selon Jacques Denizet. De plus en plus convoité pour l'alimentation humaine comme animale, le soja ne satisfait toujours pas les besoins. En 2013, la culture de soja bio en France s'est étendue sur 8800 hectares contre 28 700 hectares en conventionnel, pour une production de 21 000 tonnes destinées à 70 % à l'alimentation humaine. Si les opérateurs arrivent facilement à s'approvisionner à l'étranger, notamment en Europe de l'Est ou en Amérique du Sud, les problèmes de traçabilité et les risques OGM les font essayer de relocali-” ser leur approvisionnement.

Effort de relocalisation

Effort de relocalisation des approvisionnements (en fruits et légumes notamment), optimisation des équilibres matières (dans le lait en particulier), redémarrage des conversions (en viande bovine) : les filières bios continuent de s'adapter à la demande. Et ce, alors que la Commission européenne avance sur la révision de sa réglementation biologique.

Les cours du bio restent stables alors que ceux du conventionnel ont pas mal baissé

C'est dans l'alimentation animale que les besoins vont se faire plus pressants puisqu'à partir de janvier 2015, l'alimentation des animaux monogastriques devra être 100 % bio (contre 95 % actuellement). Selon Pierre Jouffret, responsable régions Sud Cetiom (Centre technique interprofessionnel des oléagineux et du chanvre), la culture du soja est très bien adaptée aux techniques de l'agriculture biologique. Elle ne nécessite pas d'apport azoté qui coûte cher en bio, et des rendements de 30 quintaux ou plus par hectare sont possibles et très proches de ceux observés en conduite conventionnelle.

Redémarrage des conversions en viande bovine

En viande bovine biologique, les déclassements en conventionnel ont perduré quelque peu au premier semestre 2013 du fait de prix élevé en conventionnel. Mais la situation a commencé à se rétablir au premier semestre 2014, avec l'arrivée de nouveaux producteurs à la fin de la période de conversion et une demande française bien présente. « Alors qu'en 2012-2013, les animaux biologiques s'échappaient vers le conventionnel. Il y a pas mal d'animaux au premier semestre 2014. Les cours du bio restent stables alors que ceux du conventionnel ont pas mal baissé », souligne Jean-François Deglorie, animateur technique de la commission bio d'Interbev (interprofession bétail et viandes). Il constate également que les conversions ont redémarré en début d'année, alors qu'en 2013, certains établissements de restauration collective semblaient manquer de matière première.

Rédaction Réussir

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