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Doux passe à la «croissance organique»

Le géant de la volaille a fait mentir les prédictions de son démantèlement en 2003.

Le groupe Doux a obtenu le 13 juin des banques françaises un aménagement du restant de sa dette : d'une part 100 millions d'euros qui passent en concours bancaire à moyen terme et attendront d'être remboursés au cours des trois prochaines années ; d'autre part 80 millions de concours bancaires à court terme reconduits. Cet accord a été présenté hier à la presse comme le signe de la confiance retrouvée des partenaires financiers, après trois années d'incertitudes.

En juin 2003 arrivait aux commandes Guy Odri. L'année 2002 avait laissé une perte de 20 millions d'euros pour 1,36 milliards de chiffre d'affaires et une dette de 453 M Eur que la performance d'alors empêchait de rembourser en moins de 19 ans. 2005 s'est achevée sur 8,8 M Eur de résultat net pour un chiffre d'affaires ayant peu varié (1,39 milliards) en trois ans et une dette réduite de 40 % remboursable en 3 ans. Pour en arriver là, chaque site de production a fait l'objet d'un suivi de performance hebdomadaire, l'offre adaptée à chaque marché.

De l’autre côté de la barrière

« Nous sommes passés de l'autre côté de la barrière », a déclaré Guy Odri hier à la conférence de presse. Voyant plus sereinement son avenir (le CA prévu pour 2006 s’élève à 1,25 MdEur), Doux passe à une phase de « croissance organique » que le dg délégué voit durer deux à trois ans, période au-delà de laquelle des acquisitions pourront être envisagées. En rupture avec son héritage « manufacturier », le Finistérien met ses outils et ses 14 500 salariés au service des consommateurs de marchés domestiques bien ciblés, que ce soit en Europe, au Brésil, au Moyen-Orient ou au Japon. Sa valeur maîtresse est depuis plus d'un an la « créativité » parce qu'elle préside à la conception et à la promotion des produits élaborés demandés, ceux qui tournent vite dans les linéaires.

C'est ainsi, explique Guy Odri, que la marque Père Dodu s'est maintenue en France, qu'au Brésil, les produits diététiques, les petites portions et autres jambons de volaille ont fait augmenter la part de marché de LeBon. C'est ainsi qu'en Arabie Saoudite, le « poulet congelé en pack de dix » laisse place aux découpes et aux plats cuisinés. Le commerce de « commodités» n'est pas dans l'axe stratégique. Cette activité est néanmoins assurée par Frangosul, pour les clients industriels.

Les usines établies en France, en Espagne, en Allemagne et au Brésil, sont saturées par principe (celles de produits élaborés le sont effectivement), la chaîne logistique optimisée, le stock, comprimé au maximum. Malgré la crise aviaire, les frigos du groupe ne contenaient que 115 millions d'euros de marchandise au 9 juin 2006, contre 193 M Eur à la mi-2003. Produisant sur plusieurs gisements pour des marchés multiples, Doux estime mieux répartir ses risques que les autres volaillers français.

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