Aller au contenu principal

Différents points restent en suspens


> Katia Lentz, avocate associée au cabinet Field Fisher Waterhouse.
À quinze jours de l'entrée en application du règlement Inco, plusieurs dispositions restent encore à préciser par la Commission européenne. Celle-ci s'était en effet engagée à prendre de nombreux actes délégués et actes d'exécution, pour certains, indispensables à la mise en œuvre du texte. Explications.

S'il ne fallait fournir qu'un exemple, celui des nanomatériaux serait, à lui seul, édifiant sur le flou qui entoure encore certaines parties du règlement Inco (information du consommateur). Son article 18 prévoit en effet que « tous les ingrédients qui se présentent sous forme de nanomatériaux manufacturés sont indiqués clairement dans la liste des ingrédients. Le nom des ingrédients est suivi du mot “ nano ” entre crochets », et l'article 2 paragraphe 2 donne une définition de nanomatériau manufacturé. L'ensemble reste, pourtant, d'application très ambiguë et controversée.

L'étiquetage « nano » en question

Le paragraphe 5 de l'article 18 permet à la Commission européenne d'adapter, par voie d'actes délégués, la définition des « nanomatériaux manufacturés » du règlement Inco au progrès scientifique et technique, ou aux définitions convenues à un niveau international. C'est sur cette base juridique que la Commission européenne a adopté, le 12 décembre 2013, le règlement délégué no 1363/2013 afin de faire coïncider les différentes définitions existantes au niveau européen et cibler précisément les substances devant être étiquetées comme « nano ». Mais ce texte a été abrogé quelques jours plus tard. Depuis, les opérateurs économiques s'interrogent sur les produits qui devront effectivement être étiquetés « nano ».

Dernièrement, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) appelait, à son tour, de ses vœux une clarification de la définition de nanomatériau. La Commission européenne vient enfin d'annoncer un nouveau projet d'acte délégué qui prévoit que l'ensemble des additifs « nano » devront être indiqués comme tel dans la liste des ingrédients.

Quid des informations facultatives

De la même manière, les opérateurs souhaiteraient être éclairés en matière d'informations facultatives sur les denrées alimen-taires, notamment en ce qui concerne l'indication de l'accep-tabilité d'une denrée alimentaire pour les végétariens ou les végé-taliens, ou encore l'indication d'apports de référence pour des catégories particulières de popu-lation. Mais la Commission euro-péenne n'a toujours pas adopté de tels actes d'exécution.

Quelle information donner aux végétariens ou végétaliens ?

Et il ne s'agit pas des seuls « vides juridiques » qui attendent les opérateurs à partir du 13 décembre. Les nombreux rapports que la Commission européenne avait annoncés avant cette échéance restent lettre morte. Il s'agit notamment du rapport concernant l'application aux boissons alcoolisées des exigences applicables en matière d'information sur la valeur énergétique (accompagnée d'une proposition législative fixant les règles en matière de liste des ingrédients et de déclaration nutritionnelle obligatoire). Il s'agit également du rapport au Parlement européen et au Conseil concernant l'indication obligatoire du pays d'origine ou du lieu de provenance, pour le lait utilisé comme ingrédient dans les produits laitiers, les denrées alimentaires non transformées, les produits comprenant un seul ingrédient, les ingrédients constituant plus de 50 % d'une denrée alimentaire. Ou encore le rapport ” sur la présence d'acides gras trans dans les denrées alimentaires et, de manière générale, dans le régime alimentaire de la population de l'Union européenne. Le but de ces rapports est de proposer une modification législative adaptée en évaluant les effets de mesures appropriées qui pourraient permettre aux consommateurs de faire des choix plus sains pour leur régime alimentaire.

LE CABINET FIELD FISHER WATERHOUSE

Field Fisher Waterhouse (www.ffw.com) est un cabinet d'avocats européens qui offre des services dans de nombreux domaines du droit, et en particulier en droit de la concurrence, propriété intellectuelle et droit réglementaire européen. Katia Merten-Lentz est associée dans le département concurrence et droit réglementaire européen : elle est en charge de toutes les questions agroalimentaires, européennes et nationales, toutes filières confondues. Elle intervient tant en conseil qu'en contentieux auprès des industries de l'agroalimentaire.

Les plus lus

Drapeau de l'Ukraine
Poulet : l’Ukraine renforce ses accords et compte intensifier ses exportations en 2026

Les exportations de poulet ukrainien devraient progresser en 2026 vers l’Union européenne et le Royaume-Uni, qui pourrait bien…

rayon boucherie en magasin
La flambée des prix du bœuf a plombé la consommation en 2025, porc et poulet en profitent

Les prix d’achat des ménages de la viande bovine ont affiché une croissance à deux chiffres en 2025, ce qui s’est traduit par…

drapeau turc qui flotte au vent
Volaille : la Turquie suspend ses exportations pour le Ramadan

Les exportations de volailles turques sont suspendues depuis le 9 février. Cette mesure prise par l’État turc, vise à contenir…

Le poulet vendu en boucherie
Volailles : le poulet et les produits élaborés tirent toujours la consommation

La consommation de poulet continue de progresser en France, portée par la restauration hors domicile, alors qu’elle stagne en…

oeufs industrie
Œufs : L’UE importe plus, l’Ukraine et la Turquie en profitent

L’évolution des prix des œufs français, au  27 mars 2026, expliquée par le journal Les Marchés, qui publie trois fois par…

zone de contention en abattoir
Quels sont les abattoirs de boucherie récemment en difficulté, en infographie

La France a perdu un abattoir sur 5 depuis 2010. En s’appuyant sur la presse locale, Les Marchés a tenté de dresser une carte…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio