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Technologie
Crystalchain : « la blockchain facilite les échanges au sein d’une filière »

La technologie blockchain est apparue en France en 2018 via le distributeur Carrefour. Depuis, elle fait des émules auprès des filières agroalimentaires. Sylvain Cariou, président de Crystalchain, revient pour Les Marchés Hebdo sur ses avantages.

Sylvain Cariou, président de Crystalchain. © Crystalchain
Sylvain Cariou, président de Crystalchain.
© Crystalchain

Les Marchés Hebdo : Pourquoi la technologie blockchain peut intéresser les industriels de l’agroalimentaire ?

Sylvain Cariou : Il y a un mouvement de fond qui s’opère vers plus de transparence des matières premières utilisées dans les produits alimentaires, de leur origine et vers plus de traçabilité en interne. Le consommateur l’exige et la réglementation commence aussi. La technologie blockchain facilite les échanges entre les différents maillons d’une filière. Son intérêt premier est le partage des informations en toute transparence, pour favoriser cette traçabilité. Et les industriels s’y intéressent de plus en plus.

LMH : Sentez-vous une accélération des demandes du secteur ?

S. C. : L’année 2020 a été particulière et a ralenti l’engouement. Mais depuis le début du mois de janvier 2021, nous voyons nettement une accélération. Nous avons pas de mal de clients qui reviennent vers nous après le temps de pause de l’année dernière. Nous avons accompagné Carrefour en 2018, il a été pionnier parmi les distributeurs français. Et depuis, d’autres ont suivi, des grands groupes, puis des plus petites et mêmes des toutes petites structures s’y mettent, et dans tous les secteurs, viande, céréale, produit de la mer, épicerie, bio ou conventionnel.

Nous avons accompagné un industriel de la viande

Nous avons notamment accompagné un industriel de la viande qui a mis en place la blockchain l’année dernière avec un objectif d’améliorer sa traçabilité en interne, sans vocation à communiquer auprès des consommateurs.

LMH : La technologie blockchain n’a pas uniquement pour but de communiquer avec le grand public ?

S. C. : Non, pas forcément. Certains ne souhaitent pas dévoiler toutes les informations. On peut choisir aussi ce qui est visible entre chacun des maillons de la chaîne. Un fournisseur ne souhaitant pas par exemple indiquer tous ses prix et volumes à son client peut décider de ne pas lui dévoiler certaines informations. Les bénéfices que nos clients retirent de la mise en place de la blockchain seraient déjà tout simplement d’être mieux référencés auprès de la grande distribution, d’augmenter ses prix en valorisant ses produits et de protéger la marque. C’est le cas lorsque la solution sert à bien maîtriser sa filière, limiter les risques et montrer qu’on maîtrise la filière.

Il faut que les filières soient stables

LMH : Cette technologie ne s’adapte pas facilement à tous types de filière, parfois multifournisseurs notamment ?

S. C. : Pour certaines filières, c’est en effet complexe. Pas impossible mais complexe, car les maillons sont nombreux. Sur d’autres, comme le poisson qui peut être acheté via des traders internationaux, là c’est impossible. Il faut que les filières soient stables avec des fournisseurs qui ne changent pas régulièrement.

Une norme pour attester de la véracité des informations

« Établir la confiance dans les données enregistrées dans la blockchain », tel est le nom que portera la norme NF B01-001, en cours de préparation au sein de l’Afnor. Les professionnels impliqués, dont Sylvain Cariou qui est également président de la commission de normalisation Afnor, espèrent pouvoir publier un texte d’ici à la fin de l’année 2021, pour une mise en consultation publique. Le premier objectif reste de pouvoir certifier la véracité des informations inscrites à l’intérieur des blocs par les différents maillons. L’un des objectifs de la blockchain est de limiter les fraudes ; alors, qui certifie la véracité des informations que y sont inscrites ? Cette norme vise justement à ôter ces doutes, entre autres par un possible audit des entreprises.

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