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Coproduits animaux : Saria, recycleur vert nouvelle manière

Le leader français de la collecte et du traitement des issues et déchets de la filière viande a segmenté son activité suivant les débouchés. Prochaine étape, la production de biodiesel à partir de graisses animales.

Dans le groupe Saria Industries, il y a Kervalis qui fournit des matières premières aux fabricants d'aliments pour animaux familiers, Celys spécialisée dans les corps gras alimentaires, Alva qui vend des graisses transformées à différentes industries, Bioceval pour les co-produits de la pêche, et enfin Sifdda ou Saria dans les débouchés non alimentaires et l'équarrissage.

Toutes ces activités représentent des millions de kilomètres parcourus pour collecter les matières premières que sont les coproduits animaux (résidus carnés de boucherie ou d'abattoirs) et les sous-produits dits de catégorie 1 (cadavres d'animaux, MRS) à détruire ; des millions de kilowatts d'énergie pour faire fonctionner les chaudières et de litres d'eau de nettoyage. Ces activités sont potentiellement très polluantes à cause des matières organiques qu'elles peuvent rejeter dans les eaux, des odeurs de cuisson ou de décomposition et pour le gaz carbonique engendré. Or, la Saria s'emploie depuis dix ans à limiter des nuisances qui en ont fait la bête noire des riverains.

Les camions sont équipés de volets hermétiques et les portes des quais de livraison se referment automatiquement derrière eux. L'air des usines est capté et nettoyé, les buées de cuisson détruites par thermo-oxydation, les ultimes impuretés mangées par les bactéries de bio-filtres. Les eaux sont épurées, stérilisées, absorbées dans les 4 hectares de saules qui viennent d'être plantés sur le site d'équarrissage de Plouvara (Côtes-d'Armor). Grâce à un logiciel d'optimisation des tournées et à la récupération d'énergie, le groupe économise 7 % d'énergie à la tonne traitée par rapport à 2003.

Sur trois sites du groupe, les camions sont lavés avec de l'eau recyclée, qui représente 18 % de sa consommation totale. Grâce à l'utilisation de graisses animales en remplacement d'énergies fossiles (fioul, gaz), les usines du groupe s'autosuffisent à 70 % et se prévalent de non-rejets carboniques au sens du protocole de Kyoto (puisqu'il s'agit de biomasse renouvelable). Chaque site est le siège d'un « reporting environnemental » sur la base d'une démarche internationale, la Global Reporting Intitiative.

L’avenir est à la biomasse

Côté investissements, les usines d'Issé (traitement des gras, cuisson des viandes et petfood), de Vitré (petfood) et de Concarneau (poisson) voient s'achever un vaste programme de 250 millions d'euros sur dix ans (soit environ 10 % du CA). Désormais, l'ensemble des sites traitant de la catégorie 1 sont certifiés DS 30 27 (norme danoise adaptée par Saria aux sous-produits animaux), tandis que l'ensemble du groupe, sous la houlette des trois responsables de l'environnement, a un an pour se préparer à la future norme Iso 22 000 qui entrera en vigueur entre 2007 et 2008.

Saria Industries France en est à son deuxième rapport industriel et environnemental, et promet d'en publier un tous les deux ans. Le groupe fidélise ses salariés, ouvre occasionnellement ses portes aux riverains et laisse à leur disposition un numéro vert.

Ces prochaines années seront consacrées à la biomasse. La filiale française de la firme allemande Saria Bio-industries (dans le giron du géant Rethmann des déchets industriels et agricoles) va développer un procédé déjà éprouvé en Allemagne de production de biodiesel à partir de graisses animales. Le groupe français a obtenu de détaxer partiellement 37 800 tonnes de biodiesel à partir de graisses animales et d'huiles de friture usagées. Cette production aura lieu sur le site de Lisieux (Calvados), spécialisée dans la fonte et le raffinage.

Quant aux protéines transformées, le président directeur général Jean-Louis Hurel demeure «persuadé qu'il reste une possibilité de valoriser les farines en énergie». Un projet est en cours, qui devra avancer en évitant l'hostilité publique aux incinérateurs.

En chiffres 1 264 collaborateurs dont plus de la moitié de chauffeurs 12 usines de traitement et 24 centres de transfert 5 000 enlèvements par jour en 457 tournées quotidiennes En 2005, 1,17 million de tonnes de coproduits et sous-produits traités,188 millions d'euros de CA consolidé et 20,4 millions d'investissements

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