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Coproduits animaux : l'industrie s'impatiente

La lenteur avec laquelle la réglementation française des coproduits animaux évolue vers le standard européen a été critiquée lors de l'Assemblée générale du Sifco (syndicat des industries françaises des coproduits animaux) jeudi dernier à Paris. « Nous sommes en échec sur un dossier et en attente sur un autre», a résumé sans complaisance le président Bruno Point (lequel cède sa place à Patrick Coelenbier), devant ses hôtes de la DGAL.

L'« échec » auquel il a fait allusion porte sur la réintroduction, attendue cet été, des protéines transformées, graisses et autres cretons de bovins (de catégorie 3 et alimentaire) dans les aliments pour animaux familiersUne condition s'imposera aux suifs prélevés après la fente de la carcasse des bovins de plus de 24 mois : la réussite à 95 % de l'aspiration de la moelle épinière. Compte tenu de cette restriction, les congressistes se sont étonnés de la levée de la mesure «miroir», faisant que les aliments pour chiens et chats fabriqués à partir de suifs indifférenciés pourront être importés. Il s’agissait d’une demande des entreprises internationales de petfood présentes en France, a dû expliquer un responsable de la DGAL. « Une mesure affublée de restrictions équivaut à du sur-place», a commenté Bruno Point.

Quant au «dossier en attente», il porte sur l'utilisation dans des engrais organiques des farines de viande et d'os d'origine mixte, c'est-à-dire pouvant contenir des viandes de ruminants. Ces protéines transformées (hors catégorie 1 destinée à la destruction) sont largement employées sous cette forme à travers l'Union européenne, mais pas en France où l'incinération de plus de 200 000 tonnes représente une perte de 8 à 10 millions d'euros, selon le Sifco. L'administration française promet le non-renouvellement, ce mois-ci, de l'arrêté du 19 septembre 2005 qui interdisait cet usage, mais ce n'est pas une promesse ferme. En effet, l'Afssa n'écarte pas le risque qu'un ruminant contracte l'ESB en pâturant une prairie fertilisée avec ces farines (malgré l'obligation de stérilisation des protéines de catégorie 2).

L'exaspération des entreprises de valorisation a grandi au cours de ces deux dernières années de tentatives d'harmonisation de la réglementation française, la plus stricte d'Europe, avec le standard européen. Le Sifco s'étonne notamment du manque de moyen de l'administration.

Pour autant, il félicite cette dernière d'avoir obtenu de Bruxelles la possibilité d'utiliser par combustion l'énergie des graisses de catégories 1 et 2 sur leur site de production sans nécessiter de stérilisation.

Un autre motif de satisfaction à avoir été présenté est l'admission des graisses animales dans le plan biocarburants du gouvernement.

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