Aller au contenu principal

Commerce de viande : les bouchers s’en sortent mieux

Les GMS vendent moins de viande. Pas les boucheries traditionnelles. Des observateurs et des professionnels ont livré leurs commentaires aux .

Les boucheries traditionnelles ont vendu presque autant de viande cette année que l’an dernier, d’après le baromètre du CIV (centre d’information des viandes) réalisé par TNS (Secodip) ; telle est la surprise de ces huit derniers mois alors que les ménages, en proie aux soucis de pouvoir d’achat, ont réduit leur consommation carnée. Globalement, les volumes vendus au détail entre le 1 er janvier et le 10 août sont en recul 3,3 % par rapport à la même période l’an dernier. Mais alors qu’elles ont reculé de 4,5 % en hypermarchés et de 6,8 % en supermarchés, elles ont progressé de 7,4 % en hard discount et reculé de seulement 0,6 % dans les « autres circuits », qui concernent essentiellement les boucheries traditionnelles. Les petits commerces, réputés plus cher que les grands, n’aurait donc pas souffert de la hausse générale des prix ?

Réagissant à chaud, Dominique Unger, secrétaire général de la Confédération française de la boucherie-charcuterie traiteur (CFBCT), ne s’étonne pas trop que les circuits traditionnels reprennent du poil de la bête. Ceux-ci profitent selon lui d’une « sacré évolution d’image » : choix supérieur sur les fondamentaux que sont le bœuf, le veau et l’agneau ainsi qu’en volailles, produits qu’on trouve peu ailleurs, comme la viande de cheval et les produits tripiers, conseil et prix raisonnables. L’observateur de la CFBCT risque une comparaison : les hypermarchés s’orientent partiellement vers le luxe et les supermarchés « ont du mal à trouver leur place » entre les hypers et le discount. Enfin, il se dit convaincu de l’intérêt des commerces de proximité, grandissant avec le vieillissement de la population et accentué par la flambée des carburants.

Se penchant sur l’évolution par type de viande, Dominique Unger considère que le bœuf (- 0,3 % en volume chez les petits détaillants) « se maintient très bien, compte tenu du mauvais temps de cet été ». Il aimerait que les chiffres disent si les races bouchères se sont mieux comportées. L’évolution du veau (- 3 %, soit relativement peu) lui fait aussi espérer que le « veau extra » s’est bien défendu. Il considère que l’agneau de tradition bouchère bénéficie d’une image favorable et que les produits tripiers ont bénéficié d’une « campagne percutante ». Enfin, l’animateur de la CFBCT s’étonne de l’ampleur du progrès de la viande hachée surgelée (+ 17,8 %), supposant que les bouchers ont adopté la pratique de la surgélation des steaks hachés à l’avance.

Les bouchers musulmans écrasent les marges

De son côté, le responsable marketing des Fermiers Landais (Groupe Arrivé), Rémi Garnier, confirme la bonne santé de la marque de volailles Label Rouge dédiée aux artisans, Marie Hot. Il ajoute que l’écart de prix s’est sans doute réduit entre les grandes surfaces et les bouchers-volaillers. Explication : les prix de gros ont augmenté et les GMS travaillent généralement à marge constante.

Troisième commentaire, celui de Thierry Dudognon, responsable boucherie chez Metro. Interrogé par Les Marchés sur le marché des viandes halal, il affirme que celui-ci « résiste bien dans le cadre de la consommation en baisse ». Le grossiste est bien placé pour donner son avis : 70 % de l’agneau en carcasse qu’il vend est destiné aux boucheries traditionnelles musulmanes et 30 à 40 % des volailles sont estampillés halal à la demande des petits détaillants et de la restauration rapide. De l’avis d’un industriel, les bouchers musulmans, en écrasant leurs marges, font du tort aux grandes surfaces.

Les plus lus

dindes en élevage
Dinde : alourdir les carcasses, la stratégie de LDC et Galliance pour la reconquête

Après une chute ininterrompue des abattages depuis 2000, la dinde semble reprendre quelques couleurs en France. Au moins le…

Terrains de stockage et troupeaux au Brésil
Viande bovine : la Rabobank prévoit une baisse de la production mais s’inquiète de la demande en 2026

Les prévisions de la Rabobank sont à une poursuite de la baisse de l’offre mondiale de viande bovine, et une hausse des prix…

Mamie au supermarché
7 marqueurs de l’alimentation des seniors d’aujourd’hui

Les habitudes alimentaires des Français de plus de 65 ans ou plus ont évolué avec le changement générationnel. Ces dernières…

vaches dans un pré
Prix des bovins : après 8 semaines de baisse, le plancher en vue ?

Les prix des vaches allaitantes et des vaches laitières se stabilisent tandis que ceux des jeunes bovins s’effritent encore…

usine
Canicule : « on constate des mortalités de +1000 % sur la volaille, +200 % en porc, +45 % en bovins » en Normandie et Pays-de-la-Loire

La vague de chaleur qui frappe la France a des conséquences sévères sur la mortalité en élevage, notamment en volaille. Gilles…

Javier Prida
Œufs : Le premier quota d’ovoproduits réservé au Mercosur rempli sur le champ par une seule entreprise

La firme argentine Ovoprot a fourni en quelques jours le premier quota détaxé d’ovoproduits attribué au Mercosur dans le cadre…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio