Aller au contenu principal

Comment se mettre en conformité avec la loi


> Trois jours ont été nécessaires pour identifier les postes sur un site comptant quelque 600 salariés.
Pour se mettre en conformité avec la loi du 9 novembre 2010, le groupe d'aucy a investi beaucoup de temps en ressources humaines. Le groupe reste pour l'heure attentiste en ce qui concerne les prochains critères du 1er juillet 2016.

Dès 2010, le groupe d'aucy s'est évertué à refondre les documents uniques d'évaluation des risques (DUER) pour y inclure l'un des critères de la pénibilité, les gestes répétitifs. « Nous avons dû retranscrire sur un nouveau logiciel les postes répétitifs au regard de la définition légale qui est très compliquée. Elle prend par exem-ple en compte les cadences comme contraintes, ou encore le temps de cycle. Dans l'automobile, les équipementiers sont déjà très au fait de leur temps de cycle pour calculer leur rentabilité. En agroalimentaire, nous sommes encore très éloignés de cela », explique Philippe Rohmer, directeur qualité, sécurité et environnement du groupe d'aucy. La première approche sur les gestes répétitifs a impliqué que le groupe fournisse à ses différents sites des définitions précises pour chaque critère, nécessitant des observations de terrain détaillées (vitesse, bruit, vibrations…), avec un outil DUER adapté (extraction des postes susceptibles d'être concernés, questions successives pour identifier les postes concernés…). « Pour un site d'environ 600 salariés par exemple, il a fallu trois jours aux équipes pour seulement identifier les postes », précise Philippe Rohmer, « il a fallu ensuite rapprocher ces postes aux individus qui y ont travaillé 900 heures minimum, puis saisir les déclarations. C'est une usine à gaz », ajoute-t-il.

Nous sommes un groupe organisé. Pour une PME, c'est une catastrophe

Neufs jours pour réaliser la déclaration sur un site

Pour ce même site de 600 salariés, il aura fallu en tout neuf jours pour pouvoir déclarer les postes pénibles, et ce sur le seul critère des gestes répétitifs. « Cela nous a coûté du temps et de l'argent. Environ 30 000 euros pour nous équiper au niveau informatique. Vous imaginez avec six critères de plus, on peut multiplier par quatre le temps passé », s'alarme-t-il, « et encore nous sommes un groupe organisé avec de nombreux services. Pour une PME, c'est une catastrophe. D'ailleurs, il me semble que la plupart des entreprises dans notre région n'ont rien fait ».

Le groupe a également été confronté à la polyvalence de certains de ses sites, comme les conserveries de légumes ou les plats cuisinés. « Les sites de conserverie de légumes ont beaucoup de polyvalence, en raison de la saisonnalité de leur activité. Les campagnes se succèdent, le matériel peut changer et les postes aussi. Cela a été très compliqué et long de définir les postes pénibles en fonction des gestes répétitifs, et surtout le temps d'exposition de chacun des salariés », raconte Philippe Rohmer.

Si le groupe est en conformité avec la loi du 9 novembre 2010, il reste beaucoup plus prudent pour les nouvelles modifications du 1er juillet prochain. « Si on veut ajouter les nouveaux critères, il faudra investir environ 70 000 euros de plus. Si on ne le fait pas, il faudra continuer à saisir manuellement mais ça va prendre environ 120 jours de travail pour les res-sources humaines. Pour l'instant, la décision n'est pas prise. Nous attendons de voir ce qu'il va se passer et recommandons au pou-voir public de simplifier les choses », conclut Philippe Rohmer.

Les plus lus

Œufs : le bond des importations européennes vient d’Ukraine, mais aussi de Turquie

L’évolution des prix des œufs français, au 19 décembre 2025, expliquée par le journal Les Marchés, qui publie trois fois par…

María Marta Rebizo
Agriculture : Que pensent les exportateurs du Mercosur du report de l’accord ?

Les Marchés a recueilli les réactions à chaud des porte-voix des agriculteurs du Brésil et de l’Argentine à l’annonce du…

14,7 millions de tonnes de poulet sur le marché mondial en 2026, l'USDA prévoit un nouveau record

Le marché mondial de la volaille devrait poursuivre sa croissance en 2026. La production de poulet atteindrait des niveaux…

Anvol analyse volailles
Poulet : la hausse de 3,7 % de la production française ne suffit pas pour répondre à la demande

La consommation de volailles, et en particulier de poulet, poursuit sa progression amorcée depuis plusieurs années. Les achats…

Dinde en élevage
« La production de dinde est stable en 2025, c’est une bonne nouvelle »

Après plusieurs années de recul, la filière dinde semble retrouver de la stabilité dans les abattages en France. Malgré une…

douanier chinois devant son ordinateur
Taxes chinoises sur les produits laitiers : quels montants par entreprises, quels impacts pour la France ?

La Chine applique à partir de ce jour des droits de douane supplémentaires et provisoires sur les produits laitiers européens…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio