Aller au contenu principal

Cinq questions pour résoudre le casse-tête administratif chinois

Exporter vers la Chine n’était déjà pas toujours facile en termes administratifs. Depuis le début de l’année, la procédure a changé avec le nouveau décret 248 et les établissements producteurs de certaines denrées alimentaires importées par la Chine doivent s’enregistrer.

Beaucoup de questions restent en suspens sur les nouvelles procédures d'export vers la Chine.
Beaucoup de questions restent en suspens sur les nouvelles procédures d'export vers la Chine.
© EU/Sipa/Kevin Lee

La Chine déclare souhaiter améliorer la qualité de ses importations et notamment leur traçabilité ; pour certains opérateurs, c’est une mesure de protectionnisme par la mise en place de barrières non tarifaires. Les douanes chinoises (la GACC) veulent donc disposer des informations sur tous les sites où la qualité d’un produit a pu être altérée, que ce soit lors de la production, la transformation ou le stockage à température contrôlée (réfrigérée).

1 Qui est concerné par le changement de procédure ?

Ce sont les entreprises de production, de transformation ou d’entreposage de denrées alimentaires exportées vers la Chine. Seul le fabricant du produit final est concerné, les opérateurs qui ont fourni les ingrédients ne sont pas inclus dans l’obligation d’enregistrement. Si les ingrédients sont en revanche expédiés tels quels, le producteur doit être enregistré. Si l’exportateur ne produit pas, ne transforme pas ou n’entrepose pas dans des entrepôts réfrigérés, il n’a pas à s’enregistrer via ce dispositif, il est enregistré en tant qu’exportateur sur le site IRE.

2 Qu’est-ce qu’un produit à risque ?

Deux types de procédures coexistent, selon le type de produit. Les viandes, volailles, abats, produits de la mer et produits laitiers font ainsi partie des produits considérés comme à risque sanitaire SPS élevé par les autorités chinoises. Le vin ne fait pas partie des produits à risque. Pour les fruits et légumes, cela varie, il faut consulter la liste par code SH établie par FranceAgriMer sur la base d’éléments indiqués par la GACC.

3 Comment s’enregistrer ?

Pour une entreprise dont les produits ne sont pas considérés comme à risque SPS élevés, les douanes chinoises ont mis en place une procédure d’auto-enregistrement sur le site Internet CIFER. FranceAgriMer a publié un manuel étape par étape, d’une trentaine de pages, pour s’enregistrer sur ce site. Pour les entreprises à risque disposant déjà d’un agrément, les enregistrements seront repris. Pour ceux qui n’exportaient pas encore ou exportent des produits qui viennent d’être classés à risque, les listes ont été communiquées par les autorités françaises aux autorités chinoises. Ces dernières ont indiqué qu’elles attribueraient des numéros CIFER, mais n’ont précisé ni les délais ni les modalités.

4 Quels changements pour l’étiquetage ?

Les règles d’étiquetage ne sont pas modifiées par ce nouveau décret et la réglementation générale s’applique. Le numéro d’enregistrement doit être apposé sur l’emballage intérieur (produit) et extérieur (palette ou carton, par exemple).

5 D’autres changements sont-ils à prévoir ?

Le dispositif n’apparaît pas encore pleinement stabilisé, des évolutions sont donc possibles. FranceAgriMer met à jour ses recommandations sur sa page dédiée à la Chine.

L’avis de Claire Geroudet, chargée de l’export à la Fict

« La France a du mal à avoir des réponses »

« Il y a beaucoup de questionnements sur ce que veut vraiment la Chine, nos attachés agricoles à l’ambassade de France ont du mal à avoir des réponses. Pour les produits carnés, il y a peu de changements, car nos entreprises étaient déjà soumises à des exigences sanitaires importantes. Nous avons demandé des précisions, notamment pour les entreprises en cours d’agrément, mais les réponses sont évasives. Pour les entreprises déjà agréées, il semble qu’il faudra renouveler l’agrément de manière anticipée, en juin 2023, mais comment ? Dossier, audit en visioconférence, en réel, par la France, la Chine, pour l’heure nous ne savons pas, je pense que le pays avisera selon ses besoins. À date, à part l’affichage du nouveau numéro chinois, pas de grands changements, mais il faut rester informé. Pour un nouvel entrant, nous conseillons de patienter quelques mois que la situation soit stabilisée. »

 

Les plus lus

des poules oranges
Prix des poules pondeuses – Cotation réalisée le 07 mai 2026

La CPP (Cotation poule pondeuse) est publiée dans Les Marchés le lundi reflète les prix de la semaine précédente. La CPR (…

Œufs aux drapeaux ukrainien et turc
Œufs : les importations européennes bondissent de 65 % au premier trimestre, l’Ukraine et la Turquie en profitent

Les importations d’œufs de l’Union européenne ont atteint un record sur le premier trimestre 2026. L’Ukraine a progressé, mais…

batau porte conteneur de dos
Viande bovine : la consommation continue de reculer dans l’UE, mais les importations vont bondir en 2026

La consommation par bilan de viande bovine va continuer son déclin en 2026, selon les prévisions de la Commission européenne.…

conteneur bresilien au port
Viande bovine : les exportations brésiliennes pourraient chuter de 10 % à cause de la Chine

Les droits de douane instaurés par la Chine sur la viande bovine vont bientôt conduire à l’arrêt des exportations du Brésil,…

vue en contre plongée, dans une allée entre des conteneurs sur un port
Viande bovine : chute attendue de 13 % des importations chinoises en 2026

La production mondiale de viande bovine est attendue en légère baisse en 2026. Ce alors que le premier importateur mondial, la…

vaches dans une prairie
Quelles sont les conséquences des mesures pour réduire le cheptel laitier aux Pays-Bas sur le marché du lait européen ?

Les Pays-Bas mettent en place un système d’aides pour réduire les troupeaux laitiers. Si les effets à court-terme seront peu…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio