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Broutards : comment les Italiens s’adaptent à la baisse de l’offre française

La France envoie de moins en moins de broutards mâles vers l’Italie, faute d’offre. Une chute qui n’est pas compensée par le dynamisme des envois de femelles et qui pousse les engraisseurs italiens à chercher des broutards ailleurs dans l’UE, notamment en Europe centrale et en Irlande. 

broutards charolais en bâtiment
Les exportations françaises de broutards mâles reculent vers l'Italie, poussant les opérateurs à chercher d'autres fournisseurs
© Lucie Pouchard

Les exportations françaises de broutards ont reculé de 3,2 % en 2025 comparé à 2024, selon les estimations de l’Idele. 652 400 broutards de plus de 300 kg ont été envoyés en Italie sur les 11 premiers mois de l’année, selon les Douanes. C’est 4,1 % de moins qu’en 2024. Les envois de mâles reculent de 9 % tandis que ceux de femelles progressent de 10 %. 

Lire aussi : Viande bovine : pourquoi l’Idele prévoit un ralentissement de la baisse de production en 2026 ?

Les Italiens manquent de bovins 

Une baisse qui continue d’année en année et qui pèse sur les opérateurs italiens de la viande. Ainsi les abattages de jeunes bovins ont-ils atteint, de l’autre côté des Alpes, un plus bas depuis 2005 l’an dernier. Les abattages de mâles ont ainsi reculé de 4 % et ceux de femelles de 1 % (données de janvier à novembre, relayées par l’Idele).

Plus de génisses abattues en Italie

La baisse moins prononcée chez les femelles est liée à un développement de l’engraissement de ces animaux, appréciés des consommateurs italiens. Les génisses ont d’ailleurs constitué 28 % des envois français vers l’Italie contre 24 % un an plus tôt, précise l’Idele. La concurrence est aussi moins rude avec l’Espagne, focalisée sur les broutards mâles. 

Lire aussi : Viande bovine : en 2025, les États-Unis ne sont plus les premiers producteurs mondiaux

En novembre, rebond insuffisant après les problèmes de DNC

80 000 broutards français ont été envoyés en Italie en novembre, continue l’Idele, c’est 15 % de plus qu’en novembre 2024 (+40 % pour les femelles de +300 kg et +6 % pour les mâles de +300 kg). C’est un rattrapage après la suspension d’octobre, mais qui est seulement partiel. 

Les engraisseurs italiens cherchent des broutards en Europe centrale

Si les envois de broutards de la France à l’Italie ont baissé en 2025, tous les autres fournisseurs ont développé leurs envois. 

ProvenanceEnvois en têtes (10 mois 2025)Variation en têtes /même période 2024
Tchéquie19 000+9 000 (+87 %)
Irlande17 000+3 000 (+20 %)
Hongrie7 000 +5 000 (x 3,84)
Autriche5 000+1 000 (+30 %)
Espagne4 000+2 000 (x2,94)
Slovénie4 000+1 000 (+38 %)

 

Les envois en provenance des autres pays de l’UE ont progressé de 11 % sur la période janvier-octobre, à plus de 15 000 têtes. La France a tout de même fourni encore 88 % des broutards importés par l'Italie sur cette période de 2025. 

Des envois de broutards qui devraient rester limités

Les exportations françaises de broutards devraient reculer une nouvelle fois en 2026, de 3,7 % estime l’Idele ; alors que les naissances ont été pénalisées par les épizooties. Sur les 3 premières semaines de l’année, les envois français de bovins vifs vers l’Italie ont déjà reculé de 7 % par rapport à l’an dernier. 

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