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Bernard Greffeuille, Académie de la viande : « La consommation de viande a besoin d’être relégitimée »

Bernard Greffeuille a été élu en mars à la tête de l’Académie de la viande qui rassemble 50 professionnels, scientifiques, vétérinaires, hauts fonctionnaires et journalistes autour de la connaissance de la viande et de ses métiers.

Bernard Greffeuille, nouveau président de l'Académie de la viande.
Bernard Greffeuille, nouveau président de l'Académie de la viande.
© Académie de la viande

Avec son frère Jacques, Bernard Greffeuille a développé l’entreprise familiale, Greffeuille Aveyron, qui sélectionne et commercialise notamment l’agneau Allaiton de l’Aveyron, une référence en matière de viande ovine en France. Ambassadeur auprès des grands chefs, il préside toujours l’ODG Regal qui administre le label Rouge « agneau laiton » et l’IGP « agneau de l’Aveyron ».

Vous venez de succéder au journaliste François Landrieu qui présidait l’Académie de la viande depuis quinze ans. Pouvez-vous nous présenter cette institution ?

Bernard Greffeuille - Créée en 1982, l’Académie de la viande œuvre à l’étude, à la mise en valeur et à la communication des acquis de la connaissance en matière de qualité des viandes et produits carnés issus des filières de viande de boucherie, de charcuterie, de volaille et de gibier. Nos domaines d’action sont la sauvegarde de la langue propre à la filière, l’évolution des techniques et des moyens de caractériser la qualité de la viande et, enfin, la promotion du patrimoine culturel et gastronomique du secteur. Nous remettons chaque année des prix scientifiques et littéraires.

Qui sont les membres ?

B. G. - Les cinquante académiciens sont des professionnels, mais aussi des scientifiques, des journalistes, des hauts fonctionnaires qui souhaitent renforcer auprès du public une image positive de la viande et des métiers qui s’y rattachent. Je me suis entouré de quatre vice-présidents : Marc Pages, le directeur d’Interbev ; Jean-Luc Angot, un inspecteur général au CGAER ; Jean-François Blanc, un ancien chef d’entreprise, et Véronique Langlais, la présidente des bouchers parisiens. Nous avons accueilli récemment trois nouveaux académiciens, Rémi Fourier, le représentant de la filière viande britannique en France ; Didier Désert, le patron de l’Ambassade d’Auvergne, et Charles Assirlikian, un boucher marseillais. L’ensemble des compétences que nous rassemblons doit nous permettre de répondre à toutes les questions essentielles qui se posent sur la viande.

Précisément, sur quels projets travaille l’Académie de la viande ?

B. G. - Nous en avons débattu lors d’une première réunion le 22 avril et nous arrêterons prochainement nos grands axes de travail. Le Dictionnaire de la viande, que nous mettons régulièrement à jour et qui est désormais accessible en ligne gratuitement sur notre site, reste prioritaire. Il l’est d’autant plus que la terminologie liée à la viande (steak, saucisse, etc.) est aujourd’hui dévoyée.

L’Académie proposera des dénominations appropriées aux produits d’imitation de la viande

L’Académie proposera des dénominations appropriées aux produits d’imitation de la viande. Nous allons également renforcer notre pôle scientifique et innovation afin d’intervenir notamment dans le débat de la prétendue « viande » artificielle. J’aimerais également que nous réfléchissions au rôle du plastique utilisé pour la conservation, mais aussi pour la cuisson sous-vide. Quelles pourraient être les alternatives crédibles ? Enfin, nous envisageons de travailler sur l’aspect culturel de la viande, par exemple en recensant le patrimoine matériel qui y est lié.

La place de la viande au sein de la société est remise en cause. Qu’est-ce que cette évolution vous inspire ?

B. G. - Quel que soit le caractère parfois irrationnel de ces débats, il faut convenir qu’ils se traduisent par une baisse de la consommation de viande. Celle-ci n’est plus une évidence. Il convient aujourd’hui de la relégitimer par une argumentation technique et scientifique qui fasse contrepoids aux accusations souvent infondées dont la viande fait l’objet. Au-delà, la meilleure des réponses que peuvent apporter les professionnels, c’est de toujours améliorer la qualité. Dans mon parcours, j’en ai toujours été convaincu.

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