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Bel, Benoit Poignant, directeur industriel Etats-Unis : « Une usine 4.0 est une usine vertueuse »

Après avoir construit en 2014 une usine connectée aux États-Unis dédiée au Mini Babybel, le groupe investit au Canada dans un nouvel outil qui met en place les principes de l’usine 4.0.

© rd

Le groupe Bel prévoit de construire une à deux nouvelles usines par an dans les prochaines années. Un projet est en cours au Canada. L’approche usine 4.0 est-elle mise en application ?

Benoît Poignant - Bien évidemment. L’usine inaugurée en 2014 aux États-Unis dans le Dakota à Brookings, était déjà une usine connectée. Dans le projet en cours au Canada, à Sorel Tracy dans la province du Québec (87 millions de dollars d’investissement), la connectivité sera native avec des serveurs de données natifs, une automatisation poussée et une formation basée sur les moyens digitaux, comme la modélisation 3D ou l’usine virtuelle. Notre objectif est d’être performant le plus rapidement possible avec un retour sur investissement de deux à trois ans. Pour nos anciennes usines, nous intégrons les nouvelles technologies tout en faisant preuve de pragmatisme.

 

Quels profils vous semblent indispensables pour mener à bien cette transition ?

B. P. - Le data scientist, mais en collaboration avec nos technologues. Par exemple, nous sommes en mesure de récupérer 300 000 variables sur une ligne Mini Babybel. Le data scientist va appliquer une soixantaine de modèles mathématiques à ces jeux de données pour déterminer quel modèle représente au mieux la réalité. En identifiant le plus pertinent, il pourra prédire le fonctionnement optimal de la ligne de fabrication. En travaillant avec les technologues, ces scénarios peuvent être testés et validés.

 

Seriez-vous prêt à partager vos données avec vos fournisseurs ?

B. P. - Nous ne pouvons pas nous isoler. Il faut trouver le juste milieu. Dans le cas de la maintenance prédictive par exemple, nous aurons intérêt à identifier les données critiques qui peuvent être partagées. La blockchain représente un autre modèle intéressant de partage sécurisé des données. Nous ne l’avons pas encore expérimenté.

 

Le groupe Bel collabore avec le CEA Tech. Pour quels bénéfices ?

B. P. - Le groupe Bel a signé en décembre 2015 avec CEA Tech, la direction en charge de la recherche technologique du CEA, un accord de collaboration stratégique d’une durée de trois ans. Nous travaillons dans ce cadre au développement de l’imagerie pour concevoir des postes de travail ergonomiques pouvant améliorer la sécurité des opérateurs ; à l’utilisation de capteurs pour optimiser la consommation d’eau et être ainsi plus respectueux pour l’environnement, ou encore au traitement smart data tout au long de la chaîne de production pour mieux contrôler nos processus, mieux maîtriser notre traçabilité et améliorer la réduction des rebuts. Nous abordons également la modélisation 3D de nos sites de production pour la réduction du temps de mise sur le marché, la réduction des coûts d’investissement de nos projets et la formation à distance.

 

Qu’en est-il de l’aval ?

B. P. - Le groupe Bel vise une industrie efficiente mais aussi vertueuse pour l’environnement pouvant accompagner la digitalisation du groupe qui avance rapidement côté aval. Bel a en effet signé en 2016, un accord avec Facebook au niveau mondial pour accélérer ce déploiement. Ce partenariat est construit sur trois piliers : l’engagement des consommateurs, l’évaluation des campagnes marketing sur les ventes avec l’objectif de doubler le chiffre d’affaires d’ici 2025 et la diffusion d’une culture digitale et mobile auprès des 12 000 collaborateurs du groupe.

 

À SAVOIR

Data science ou science des données est une discipline qui s’appuie sur des outils mathématiques, statistiques, informatiques et de visualisation. Elle est principalement numérique et a pour objet d’extraire des connaissances d’ensemble à partir des data récoltées

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