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Beaucoup d'incertitudes pour 2015


> La fin des quotas devrait libérer les vannes de la production laitière attendue en hausse de 50 % en Irlande d'ici à 2020 et de 20 % aux Pays-Bas et en Allemagne.
Le marché des produits laitiers industriels est confronté à une offre abondante. Les cours ont plongé loin de leur record de l'été dernier, mais la baisse semble enrayée. La tenue du marché mondial dépendra de la croissance.

L'année commence sur une note moins alarmante que ce qu'avaient prévu certains opérateurs. Le ralentissement de la croissance de la collecte laitière française et européenne a rassuré. Les prix du beurre ont augmenté : la cotation spot Atla a gagné près de 6 % sur les trois premières semaines de l'année après trois mois de baisse. Les fabrications avaient en effet reculé de 0,9 % en octobre par rapport au même mois de 2013 contre une progression de 17,6 % en septembre, selon Agreste. En novembre, elles ne progressaient plus que de 5,8 %. Dans le même temps, les échanges mondiaux se sont tenus, malgré le ralentissement de la croissance chinoise et l'embargo russe, retrouvant leur niveau de 2013.

Le marché des poudres de lait a davantage souffert. En cumul sur les onze premiers mois de 2014, les fabrications de poudres de lait écrémé ont dépassé de 24,5 % leur niveau de 2013. L'Institut de l'élevage estime à 200 000 tonnes les stocks de poudres maigres dans les entreprises européennes, soit le double du début 2014.

Stocks importants

Les prix de la poudre maigre ont pourtant frémi mi-janvier. Les stocks américains sont faibles et les fabrications néo-zélandaises sont modérées. La baisse de l'euro face au dollar avantage nos exportations. Mais aucune hausse conséquente n'est à attendre. Les principaux pays importateurs ne seront pas aussi présents aux achats qu'en 2013-2014. La croissance chinoise ralentit, le Mexique et l'Algérie vont disposer de moins de devises avec la baisse du pétrole, et l'embargo russe est encore d'actualité. Les cours mondiaux dépendront donc des stocks, a priori importants.

En fromage, l'embargo russe a bouleversé la donne. En 2013, l'Union européenne fournissait 60 % des achats de la Russie. Les fabrications européennes se sont drastiquement réduites.

Le marché mondial devrait rester alourdi par le déséquilibre de l'offre et de la demande dans les mois à venir

Dans les mois qui viennent, le marché mondial des produits laitiers industriels devrait rester alourdi par le déséquilibre de l'offre et de la demande. Peut-on, pour autant, annoncer une crise du lait ? Certes, la croissance de la collecte européenne a ralenti pour le moment. Mais la fin des quotas devrait libérer les vannes de la production laitière. En Irlande, elle pourrait augmenter de 50 % d'ici à 2020, et en Allemagne et aux Pays-Bas, elle pourrait progresser de 20 % en cinq ans. De quoi anticiper des baisses du prix du lait. Toutefois, le recul des coûts de production pourrait aider les éleveurs à limiter l'effet de cette baisse sur leurs marges. Ils pourraient aussi adapter leur production. Ensuite, les échanges mondiaux pourraient reprendre au second semestre, tirés par le retour de la Chine sur le marché et la possible levée de l'embargo russe. Or, la parité euro/dollar est ” en faveur de l'Union européenne. Enfin, difficile d'évaluer la production mondiale. L'USDA l'estime en hausse de 1,9 % en 2015 contre près de 9,7 % en 2014. Mais un nouvel épisode de sécheresse en Australie ou d'inondation en Nouvelle-Zélande changerait la donne. Quant à la consommation, elle dépendra de la croissance.

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