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Amande : le marché s'affole, tiré par la demande


> L'amande est principalement produite en Californie, à 82 %.
La récolte américaine d'amandes sera record cette année, mais pourrait ressembler à un chant du cygne après trois ans de sécheresse. Parallèlement, la demande progresse toujours.

En Espagne, troisième producteur mondial, les vols d'amandes sont devenus depuis quelques semaines un rendez-vous récurrent de la rubrique faits divers, 5 tonnes par-ci, 7 tonnes par-là, fruits de récoltes sauvages qui doivent être suffisamment rémunératrices pour justifier la prise de risques… Dans le sud du pays, c'est aussi la sécheresse qui inquiète et oblige à envisager une récolte nationale en retrait de la moyenne. Alors, l'amande devient-elle l'objet de toutes les convoitises ? De fait, les producteurs d'amande du monde entier sont dans une situation bien enviable face à l'essor de la demande. De 665 000 tonnes en 2008, la consommation a bondi à 929 000 tonnes en 2012, dopée par l'ouverture des marchés orientaux, la Chine, mais aussi la Corée du Sud, la Russie, tout autant que par la vigueur de la consommation domestique aux États-Unis, passée entre 2008 et 2012 de 207 à 269 000 tonnes. Une consommation tirée notamment par la demande en lait d'amande et par le secteur de la confiserie mondiale.

En Californie, principal producteur mondial, les préoccupations sont aussi liées à l'eau, et à la consommation pour les vergers dont la pertinence est remise en cause. Regroupant 82 % de la production mondiale, chaque toux sur le marché californien fait éternuer le reste du monde de l'amande. Les vergers californiens d'amandiers ont subi un sécheresse très sévère ces trois dernières saisons. Pourtant, grâce à l'irrigation, les vergers américains promettent une grande récolte 2014, les 340 000 hectares en production (+15 % depuis 2007) devant donner autour de 950000 tonnes d'amandes lors de cette récolte. Avec un poids de fruits en net progrès, +6,6 % à 1,46 gramme en moyenne, par rapport au poids moyen extrêmement bas, relevé l'an passé.

Attaques contre l'irrigation en Californie

Les producteurs californiens s'attendent à une récolte réellement record malgré les conditions d'extrême sécheresse. Mais affirment qu'ils auront du mal à répondre à la demande mondiale. Ils tentent aussi de se justifier des attaques dont ils ont fait l'objet ces derniers mois, attaques liées à la consommation d'eau dans les vergers quand le pays est exsangue et qui ont donné lieu à de nombreux articles dans la presse. Pour leur défense, les producteurs arguent des progrès techniques, de la micro-irrigation, qui ont permis d'économiser 33 % de l'eau consommée pour produire un kilogramme de fruits.

Quel potentiel en 2015 ?

Mais la question qui est posée aujourd'hui est de savoir quel sera le potentiel des arbres éprouvés par trois années de sécheresse l'année prochaine ? En l'absence de réponse, les prix s'affolent depuis plusieurs mois. Début 2014 les prix dépassaient 6 dollars le kilogramme, 10 % au-dessus du record de 2006. Sans marché à terme, sans coordination de filière entre les 106 entreprises qui conditionnent, les prix sont soumis à fluctuation, et le risque de flambée semble donc réel. C'est capital pour la Californie et son économie agricole. L'amande y est devenue la deuxième culture en chiffre d'affaires, 4,35 milliards de dollars, seulement devancée par le vin 4,45 milliards de dollars.

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