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Guerre en Ukraine : douane et récession au menu de la Commission européenne

La Commission européenne a proposé, le 27 avril, de suspendre pendant un an tous les droits de douane sur les produits
ukrainiens importés dans l'Union européenne pour soutenir une économie fragilisée. Les perspectives de croissance de l'ensemble de l'Union européenne sont mises à mal par la guerre.

© Pixabay

La Commission européenne a proposé, le 27 avril, de suspendre pendant un an tous les droits de douane sur les produits ukrainiens importés dans l'Union européenne afin de soutenir l'économie du pays.

Cette proposition, qui doit encore être approuvée par le Parlement européen et les 27 pays membres, est "un geste sans précédent de soutien à un pays en guerre", a déclaré la commission dans un communiqué. Le Royaume-Uni s'était déjà engagé le 25 avril à supprimer les droits de douane.

Un coup violent à l'économie ukrainienne

Le commerce bilatéral entre l'UE et l'Ukraine a représenté 52 milliards d'euros d'échange l'an dernier, selon la commission, un chiffre qui a
doublé depuis 2016. Mais avec le déclenchement de la guerre, la production agricole et industrielle a été durement touchée, faisant probablement s'effondrer le produit intérieur brut (PIB) ukrainien de 35% cette année, selon les prévisions du Fonds monétaire international (FMI) publiée le 19 avril. Ce dernier indique qu'il est " impossible d'obtenir des données précises sur les dommages causés à l'économie", mais a prévenu que la contraction serait "très sévère".

Le FMI considère également que les effets de cette guerre sur l'économie ukrainienne seront durables. "Même si la guerre se terminait bientôt, les pertes humaines, la destruction du capital physique et la fuite des citoyens entraveront gravement l'activité économique pour de nombreuses années à venir", ont prévenu les experts du FMI.

D'autres pays européens en récession ?

Dans leurs analyses, les experts Europe du FMI s'interrogent également sur les effets de la guerre sur les pays européens. "L’Ukraine et la Russie enregistrent les plus fortes contractions de leur économie, mais d’autres pays pourraient également entrer en récession cette année", estiment-ils.

"Cette guerre porte un coup sévère à la reprise post-COVID en Europe, qui était certes vigoureuse, mais encore partielle. La consommation et l’investissement privés restent bien en deçà des prévisions antérieures à la pandémie, même si les mesures de soutien monétaire et budgétaire ont favorisé un impressionnant redressement de l’emploi qui a pratiquement retrouvé son niveau d’avant la COVID-19. L’envolée des prix de l’énergie et des produits alimentaires comprime fortement la consommation des ménages et les incertitudes économiques devraient bientôt peser sur l’investissement", analysent-ils.

Des perspectives de croissance revues à la baisse

Les prévisions de croissance dans les pays européens ont déjà revues à la baisse de 1 point de pourcentage et de 1,5 point de pourcentage par rapport aux projections de janvier. "Ainsi des pays comme l'Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni devraient enregistrer une croissance très faible, voire négative, durant deux trimestres consécutifs cette année. Enfin, l’activité économique devrait se contracter de 8,5 % en Russie et de 35 % en Ukraine", ajoutent-ils.

 

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