Fromage : le Japon va importer davantage en 2026, l’Europe peut-elle en profiter ?
Les envois européens de fromage vers le Japon ont chuté en 2025. Une meilleure demande et des prix plus compétitifs pourraient faire progresser légèrement les envois en 2026.
Les envois européens de fromage vers le Japon ont chuté en 2025. Une meilleure demande et des prix plus compétitifs pourraient faire progresser légèrement les envois en 2026.
Alors que la production japonaise de fromage devrait rester stable en 2026, estime l’USDA, le pays devrait importer davantage pour répondre à la hausse de la demande. Le Japon comptait pour 9,3 % des exportations françaises de fromage sur les 10 premiers mois de 2024, il n’en pèse plus que 8,8 % sur la même période de 2025 selon les données des Douanes relayées par FranceAgriMer. En effet, les exportations françaises de fromages vers le Japon ont reculé de 2,7 % sur cette période, alors que l’ensemble des envois vers les pays tiers progressait de 2,7 %.
Lire aussi : Exportations de fromage : comment l’Europe a battu un record en 2025
Un pays structurellement importateur de fromage
Le Japon importe 85 % de sa consommation de fromage. Néanmoins le pays s’oriente davantage vers des fromages compétitifs, il est de plus en plus sensible aux fluctuations du marché mondial et au jeu des taux de change, constatent les analystes de l’USDA. Ce sont d’ailleurs les prix élevés de l’origine UE qui ont contribué à réduire les envois communautaires vers le Japon en 2025, au profit de l’origine Nouvelle-Zélande (+17 %) ou États-Unis (+12 %). Les Pays-Bas ont notamment vu leurs envois chuter de 26 %. Le Japon reste néanmoins le troisième acheteur de fromage européen derrière le Royaume-Uni et les États-Unis.
Lire aussi : 3 nouvelles IGP fromagères protégées au Japon
En comparaison, la France a donc plutôt bien résisté. C’est que l’Hexagone, comme l’Italie, joue plutôt la carte du haut de gamme et non des fromages ingrédients. Les envois de l’Italie ont d’ailleurs réussi à progresser de 2 % sur les dix premiers mois de l’année.
À noter néanmoins que les achats japonais de fromages européens étaient très bien orientés sur décembre 2025 puisqu’ils étaient deux fois plus importants qu’en 2024, à plus de 10 000 tonnes.
L’Europe va-t-elle regagner des parts vers le Japon ?
L’USDA estime que les importations japonaises de fromage pourraient progresser de 2% en 2026 comparé à 2025. Les envois européens pourraient donc rebondir, si tant est que les prix soient compétitifs par rapport aux autres origines. Ce qui n’est actuellement pas totalement le cas. Fin 2025, le cheddar européen était 29 % plus cher que son homologue origine États-Unis mais 15 % au-dessous du prix de la Nouvelle-Zélande. Néanmoins, les coûts de transport étaient supérieurs. À priori les prix américains devraient rester sous pression, en lien avec la forte hausse des capacités de fabrications de fromage, et une consommation intérieure décevante. Pour la France et l’Italie, dont les envois sont constitués de fromages haut de gamme, la demande dépendra plutôt de la situation économique du pays.