Produits laitiers : quel débouché est le plus perméable aux importations ?

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75 % des volumes de produits laitiers importés, en équivalent lait, sont orientés vers les industries agroalimentaires françaises. Crédits : © Virginie Pinson

Les importations françaises de produits laitiers ont connu une forte progression sur la décennie écoulée, notamment en beurre et fromage. Elles couvrent le tiers de la consommation française. Ce sont surtout les industries agro-alimentaires qui y ont recours, plutôt que la vente au détail. 

+121 %, c’est la hausse des importations de produits laitiers en valeur entre 2010 et 2023, où elles atteignent 6,26 milliards d’euros, relève l’Idele, dans son étude Où va le lait. En volume de matière sèche utile, la hausse est plus modérée (+30 %). Une hausse qui s’explique à la fois par l’inflation mais aussi par des importations de plus forte valeur ajoutée. A noter, cette étude est basée sur les données de 2023. A cette date, les importations couvrent plus du tiers de la consommation française. 

Les IAA, débouchés des produits laitiers importés

75 % des volumes de produits laitiers importés, en équivalent lait, sont orientés vers les industries agroalimentaires françaises. C’est bien plus que les circuits de détail, qui absorbent 17 % des volumes et que la restauration (8 %). 

Destination des importations françaises de produits laitiers (Diagramme circulaire)

Au bilan, l’industrie agroalimentaire est très dépendante des importations de produits laitiers puisqu’elles répondent à 72 % de ses besoins. Cette dépendance s’est accélérée, puisque les importations ne comptaient que pour 66 % des approvisionnements des IAA en 2019. « Ce recours massif à l’importation souligne le défi de la compétitivité et de l’adéquation de l’offre nationale aux besoins spécifiques des industries de seconde transformation » écrit l’Idele.

La restauration et le food-service ont au contraire limité leur dépendance, avec 23 % des besoins couverts par l’importation en 2023 contre 26 % en 2019. Peu de changement au détail (11 % couverts par l’import, contre 10 % cinq ans auparavant). Pour ces deux segments, on relève des importations de fromages de qualité (parmesan, mozzarella, mascarpone…), certaines sous IGP, mais aussi à l’inverse des fromages industriels râpés (emmental) très compétitifs, et quasiment exclusivement européens. 

Les Pays-Bas, premier fournisseur de produits laitiers de la France

Plus de la moitié de la valeur des produits laitiers importés par la France provient de trois pays : Pays-Bas (20 %), Allemagne (16 %) et Italie (16 %). Suivent la Belgique (14 %) l’Irlande (7 %) et le Royaume-Uni comme l’Espagne, chacun 6 %. 

 

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La France importe surtout des ingrédients laitiers 

Le déficit de la France en matière grasse laitière se confirme dans les importations puisque, en 2023, elle a importé en matière grasse l’équivalent de 8,9 milliards de litres lait tandis qu’elle n’a importé pour le composant protéique que l’équivalent de 5,6 milliards de litres de lait.

« Les produits laitiers importés sont surtout des ingrédients  » 

« Les produits laitiers importés sont surtout des ingrédients (laits et crème vrac, beurre cube, fromages) » pointe l’Idele. En valeur, les fromages pèsent lourd, 45 % des importations, devant le beurre 22 %, les produits frais et le lait conditionné 14 % et les ingrédients secs 11 %. Les importations de laits infantiles ne pèsent pour 4 % du total en 2023, mais c’est cette catégorie qui a vu les importations progresser le plus, de 210 % en 13 ans. La France a par ailleurs importé pour 1,35 milliard d’euros de beurre en 2023 (+156 % en 13 ans) et 2,8 milliards d’euros de fromage (+164 %).

Sur les 5 dernières années, les importations de produits laitiers se sont concentrées sur le fromage (un tiers des importations en volume) et le beurre (37 %). La crème ne pèse que 8 %, elle décline, comme les produits frais, qui reculent dans le sillage du lait conditionné. 

Très peu d’importations de lait vrac

Les importations de laits vrac sont négligeables (79 000 t), signe de l’autosuffisance des transformateurs en lait français. Ces apports extérieurs proviennent d’Espagne et de Belgique majoritairement. En définitive, le lait transformé sur le sol français est composé à 99,6% de lait « made in France » précise l'Idele.

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