Marché du broutard : le prix de la casse !

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Des cours en chute de 15 à 20 centimes chaque semaine. Crédits : © L'union du Cantal

Pour les Jeunes agriculteurs du Cantal, l’aval de la filière scie la branche sur laquelle est assise.

Broutard : 15 à 20 ct€ de moins chaque semaine

Déjà entamée en mai dernier, avant une stabilisation estivale, la baisse du prix du broutard est repartie de plus belle courant septembre. “Depuis trois semaines, on perd 15 à 20 centimes chaque semaine !”, peste Paul Soubrier, 
éleveur à Saint-Martin-sous-Vigouroux et responsable du groupe viande des Jeunes agriculteurs du Cantal. Une érosion inversement proportionnelle à celle des charges des exploitations : carburant, engrais, fourrages... “Tout explose, y compris l’aliment qui a pris 35 € la tonne quel que soit le fournisseur”, illustre le jeune syndicaliste. 

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Spéculation coupable

La sécheresse, qui prive les animaux d’herbe depuis bientôt trois mois, est venue aggraver la situation : “On est obligé de puiser dans les stocks hivernaux qui sont déjà bien entamés, et beaucoup ont été obligés d’acheter du 
fourrage pour espérer tenir l’hiver”, rappelle-t-il. Du fourrage dont les cours n’ont cessé de grimper, sous l’effet de la spéculation, provoquant l’indignation dans les rangs des JA. “Il se vend du foin de 2023, voire 2022, de qualité très moyenne à des prix exorbitants ! Il faut arrêter cette spéculation infernale et faire appel à la solidarité 
agricole”, exhorte Paul Soubrier. 
À la solidarité de la profession et à la responsabilité de la filière : “Acheteurs, opérateurs, exportateurs, engraisseurs... toute la filière doit prendre conscience de la gravité de la situation au lieu d’en profiter !”, pointe le responsable JA.  En prévenant que cette baisse ne sera pas sans conséquence : la décapitalisation, que le redressement des cours avait stoppée l’an dernier, est de retour, sous l’effet conjugué de cette chute des cotations et de la pénurie de fourrages. 

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Stratégie perdante de l’aval

“Les éleveurs sont contraints de faire partir beaucoup d’animaux pour la vie, comme pour la mort, y compris des broutards encore légers”, constate le jeune agriculteur. Car les calculs sont vite faits  : “Ça ne vaut pas la peine de les garder pour perdre encore plus à les nourrir.” Avec une certitude, toutes ces vaches décapitalisées ne reviendront pas, et autant de broutards manqueront sur un marché qui reste demandeur. “Ils sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis”, résume Paul Soubrier.
Et de mettre en garde : la situation est beaucoup trop grave, la détresse et l’inquiétude bien trop fortes pour continuer à voir les broutards bradés. “Si rien ne change très rapidement, nous serons contraints de passer à l’action. On préfèrerait que les acteurs de la filière se réveillent, réagissent d’eux-mêmes, sans qu’il faille en passer par des blocages d’exportateurs, de marchés...”     
 

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