Les livreurs de lait de chèvre bio demandent une nette revalorisation du prix

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Les producteurs de lait de chèvre biologique alertent sur les difficultés à installer de nouveaux éleveurs et à maintenir les investissements nécessaires dans les élevages. Crédits : © D. Hardy

À l’approche des négociations commerciales, des éleveurs caprins biologiques du Centre-Ouest alertent sur la dégradation de leurs revenus et la multiplication des arrêts d’activité. Ils réclament une hausse conséquente pour atteindre un prix du lait de 1 370 euros la tonne.

Dans un communiqué intitulé « Sauvons les éleveurs caprins en agriculture biologique », quatre producteurs de lait de chèvre bio du Centre-Ouest tirent la sonnette d’alarme sur la viabilité économique de leurs élevages. « Alors que la consommation des fromages de chèvres biologiques reprend des couleurs et que les laiteries ne déclassent plus de lait de chèvre bio, la rémunération ne permet plus d’assurer un revenu décent aux éleveurs », regrette Gérard Giesen, éleveurs de 200 chèvres en Dordogne.

Selon les suivis économiques de l’Institut de l’élevage, la rémunération moyenne des élevages caprins bio est inférieure à 0,5 Smic par unité de main-d’œuvre (UMO). Dans le même temps, l’écart de prix entre le lait de chèvre conventionnel et biologique s’est réduit, passant 30 % à 14 % en quatre ans. Un différentiel devenu insuffisant, selon les producteurs, pour compenser les exigences techniques et les coûts supplémentaires liés à la production biologique.

Des surcouts liés à la sécheresse et à Ormuz

Les conséquences se traduisent par une érosion du nombre d’exploitations. La Nouvelle-Aquitaine comptait 130 livreurs de lait de chèvre biologique en 2021, contre 111 en 2025. Les signataires du communiqué constatent également une augmentation des arrêts et des déconversions, passés de cinq en 2021 à dix en 2025.  La situation est d’autant plus préoccupante que la sécheresse de 2026 alourdit les charges alimentaires. S’appuyant sur des estimations de Bio Nouvelle-Aquitaine et de l’Idele, les producteurs anticipent une augmentation de 30 à 105 euros/1 000 litres des coûts alimentaires auxquels ajoutent un surcoût de 42 euros/1 000 litres lié aux prix des carburants et au blocage du détroit d’Ormuz.

Lire aussi : La consommation du bio reprend mais il y a moins d’élevages de chèvres engagés

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Une demande pour une hausse à près de 300 euros les mille litres

Pour enrayer cette dynamique, les producteurs revendiquent une revalorisation du prix du lait en deux étapes. Ils demandent une première hausse immédiate de 160 euros les mille litres, afin de tendre vers une rémunération d’un Smic par UMO dès la fin de 2026. Une seconde augmentation de 139 euros les mille litres est réclamée pour début 2027, afin de prendre en compte l’évolution des charges et de permettre d’atteindre à terme deux Smic par UMO.

L’objectif affiché est de parvenir à un prix du lait de 1 370 euros la tonne. Les producteurs de Chêne Vert, de La Lémance (Rians) et du GIE Lait chèvre bio Ouest sollicitent également l’intervention de l’État, avec une réaffectation des aides à la conversion vers le maintien en agriculture biologique, la possibilité de cumuler les mesures agroenvironnementales et climatiques (MAEC), ainsi que le financement d’un accompagnement technique destiné à optimiser la production laitière.

Sans amélioration de la rémunération et sans soutien public renforcé, les signataires redoutent la disparition progressive des élevages caprins bio et, à leur suite, celle de la collecte et des outils de transformation qui en dépendent. 

Lire aussi : Les livreurs de lait de chèvre bio face à la crise de consommation

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