« Nous passons nos génisses en ration sèche pour économiser du fourrage pour nos vaches laitières », dans la Sarthe

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Xavier Lefevre et Marine Burin, avec leurs génisses. "Nous avons commencé à tarir plus précocément quelques vaches, même certaines à 40 kg de lait..." Crédits : © Gaec du Rocher
Xavier Lefevre et Marine Burin, éleveurs. « Nous avons l’impression de naviguer à vue. Depuis notre installation il y a neuf ans, c’est vraiment la pire année que nous rencontrons. » Crédits : © Gaec du Rocher

Au Gaec du Rocher dans la Sarthe, l’hiver s’annonce compliqué avec des rendements en maïs quasiment trois fois inférieurs à d’habitude. Les vaches vont être rationnées en ensilage de maïs et recevoir l’enrubannage d’herbe initialement prévu pour les génisses.

Commune

Montreuil le Chétif (72)

Chiffres clés

135 ha de SAU dont 40 ha de cultures de vente, 30 ha de maïs ensilage, 15 ha de prairies temporaires et 50 ha de prairies permanentes

« L’hiver s’annonce compliqué, nous allons tourner à l’économie, dépeint d’emblée Xavier Lefevre. Nos rendements de maïs ensilage ne dépassent pas 5,6 tMS/ha, contre plutôt 13-14 tMS/ha habituellement. » Un sacré coup dur pour cet élevage de 70 hautes productrices dont la ration de base se compose normalement de trois quarts de maïs et un quart d’ensilage d’herbe l’hiver.

Il faut dire que l’exploitation cumule cette année les conséquences de la sécheresse et de la grêle. « La moitié de nos surfaces en maïs, celles avec du grain, ont grêlé ; et l’autre moitié, celle qui a échappé à la grêle présentait des pieds sans grain…, déplorent les éleveurs. Au final, nous sommes plutôt mal lotis. » Face à ce manque de fourrage, Xavier Lefevre et Marine Burin ont décidé de basculer les génisses en ration sèche pour économiser un maximum de stocks pour les vaches en production.

Lire aussi : Que semer pour refaire du stock de fourrage rapidement ?

Dès début août, un bilan fourrager a été réalisé, ainsi qu’une analyse de maïs ensilage en vert. Sans surprise, sur cette parcelle verte mais sans grain, l’ensilage manque d’amidon (41 g/kg MS). « Nous ferons des analyses du fourrage fermenté mais je m’attends à un ensilage supérieur à 40 % de MS et pauvre en amidon. »

Le bilan fourrager faisait état au 11 août de 129 tMS de maïs ensilage 2026, 62 tMS de maïs restant de 2025, 27 tMS d’ensilage d’herbe 2026, 70 tMS d’enrubannage 2026 et 40 tMS de foin 2026.

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Les éleveurs n’ont pas trouvé de coproduits à acheter car ils n’étaient pas des "clients habituels". « Nous avons donc prévu de rationner le maïs ensilage aux vaches et de compléter leur régime avec l’enrubannage initialement destiné aux génisses. Mais, comme il a épié, il ne vaudra pas grand-chose. » Le nouveau silo de maïs sera ouvert mi-novembre. Pour l’heure, hors concentrés au robot, les vaches consomment à l’auge 7 kg MS de maïs 2025, 6 kg MS d’ensilage d’herbe, 4 kg de gluten feed de blé (Amyplus) et 2 kg de tourteau de colza. « Par crainte de manque de stocks, nous avons aussi intégré dans la ration pour la première fois de la paille, elles en reçoivent 3 kg sous forme broyée depuis début septembre. »

Normalement les éleveurs ont de quoi tenir cette ration jusqu’en mai où l’ensilage d’herbe 2027 viendra prendre le relais de l’enrubannage. « J’ai semé fin août 4 hectares de ray-grass italien à la place du blé. En tout, nous en avons 16 hectares qui ont levé avec les 15-20 mm de pluie reçus. » Le silo de maïs, quant à lui, est censé tenir jusqu’à début septembre 2027.

La productivité des laitières a diminué, mais moins que ce à quoi l’éleveur s’attendait. « Elles sont passées de 38-39 kg de lait par vache à 36-37 kg. Par contre, je crains que cela baisse vraiment dur en lait avec le nouveau maïs ensilage », appréhende Xavier Lefèvre.

Côté génisses, les éleveurs ne se montrent pas très inquiets. Cette année, elles reçoivent une ration 100 % foin, complémentée avec du tourteau et du gluten feed de blé matin et soir. D’habitude, leur régime se compose pour moitié de foin et moitié d’enrubannage. « Si besoin, je distribuerai 1 kg d’aliment en plus pour assurer la croissance et l’état, ce n’est pas un problème. Et au pire, elles passeront à un mélange paille-foin. »

Côté éco

  • 210 €/1 000 l de coût de ration pour les laitières avec une projection à 34 kg lait/VL/jour (1)
  • 1,9 €/génisse/jour ou 2,2  €/1 000 g de GMMQ pour le coût de ration des génisses
  • Ensilage de maïs à 220 €/tMS rendu auge (à 6 tMS/ha), 225 €/tMS pour l’herbe, 95 €/tMS pour la paille et 120 €/tMS pour le foin
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