Nous avons cherché à bâtir des scénarios qui soient volontairement un peu « poil à gratter » même si certains sont plus consensuels que d’autres. À partir de notre travail, l’objectif est de susciter interrogations et réflexions. C’est aussi pour cela que nous sommes partis sur des hypothèses contrastées de façon à ne pas avoir simplement un scénario tendanciel et quatre variantes.
Précisons que ces trois modalités de baisse de la consommation sont envisagées uniquement à l’échelle de la France et de l’Europe. Les évolutions de la démographie et des habitudes alimentaires laissent à penser que la situation pourrait être radicalement différente dans d’autres pays et en particulier ceux des rives sud de la Méditerranée. Un de nos scénarios envisage d’ailleurs une progression de nos exportations pour satisfaire à la croissance des besoins dans ces pays.
En revanche, notre mission aura été de proposer cet outil afin d’éclairer à la fois les acteurs économiques des filières et les aménageurs et développeurs du territoire afin qu’ils soient en mesure de faire des choix face à différentes évolutions possibles. Dans le Massif central, les systèmes d’élevage sont actuellement loin d’être uniformes et homogènes selon les bassins. Chacun d’entre eux ne réagira pas non plus forcément de la même façon suite aux différentes décisions qui pourront être prises pour les années à venir.
D’ici 2050, on ne peut pas non plus occulter le possible développement de nouveaux acteurs. On commence à réentendre parler d’abattage à la ferme via des abattoirs mobiles sur camion. Cela fonctionne déjà dans d’autres pays et pourrait peut-être devenir un atout supplémentaire pour la vente directe. Il est difficile d’imaginer que cela puisse représenter des tonnages conséquents, mais c’est une évolution qui s’inscrirait bien dans le scénario « agroécologie » que nous proposons. On peut également l’imaginer dans le scénario « Excellence » où il y aurait un rejet de la plupart des aliments produits et transformés de façon industrielle.
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Dans les plaines du nord de la France, même quand ils sont très herbagers, les systèmes fourragers sont quand même assez différents. La part des prairies temporaires y est souvent plus importante et la période de pousse active de la végétation est plus longue, en lien avec l’effet altitude.
La spécificité des exploitations herbagères du Massif central est aussi liée à leur forte spécialisation vers les systèmes allaitant, le plus souvent orientés vers la production d’animaux maigres en particulier pour les mâles. Elle n’a pas son équivalent sur le territoire français.
Suites de l'étude
Parallèlement et avant même la fin de cette étude prospective, un groupe d'acteurs de la filière s'est constitué à l'échelle du Massif central sous l’impulsion du Sidam (Service Interdépartemental pour l'animation du Massif central) en s'appuyant sur un « groupe herbe » déjà existant. Ce groupe d'acteurs de la recherche et du développement a souhaité muter en un « Cluster herbe » en intégrant en particulier l'aval de la filière dans ses travaux. Son objectif est de faire émerger et soutenir les projets qui permettent de développer la valeur ajoutée des produits et services issus des élevages herbagers et pastoraux du Massif central.